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Clients, actionnaires, salariés : quelles conséquences après l'amende infligée à la BNP ?

Les 10 milliards de dollars réclamés par les Etats-Unis à la banque française pourraient avoir des conséquences dommageables pour les salariés et les actionnaires de l'établissement.

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Les salariés et les actionnaires de BNP Paribas pourraient être les grands perdants de l'affaire de l'amende infligée par les Etats-Unis à la banque française. (ERIC PIERMONT / AFP)

Officiellement, BNP Paribas se veut rassurant. La très lourde amende, plus de 7,3 milliards d'euros, infligée par les Etats-Unis à la banque française, n'entame pas la confiance du groupe dans "sa capacité à gérer [la situation] difficile". L'établissement français est puni pour avoir enfreint l'embargo américain à l'encontre de pays comme le Soudan ou l'Iran, et semble surtout être victime d'une sanction à la portée politique.

Mais dans les faits, cette amende record pourrait avoir des conséquences pour les partenaires de la banque.

Pour la banque

Si la direction de BNP Paribas a choisi le ton de la confiance pour réagir auprès de ses salariés, c'est parce qu'elle sait que la banque a les reins solides. Comme l'explique Le Figaro, il s'agirait évidemment d'un choc violent pour les fonds propres de l'établissement. Mais avec 93,6 milliards de dollars, BNP Paribas peut faire face et peut notamment compter sur son bénéfice 2013, 4,8 milliards d'euros, pour encaisser ce mauvais coup.

Pour les clients

Les personnes ayant placé leurs fonds chez BNP Paribas n'ont aucune crainte à avoir. la procédure américaine ne les touchera pas. Car, au delà de la solidité de la banque, chaque client est couvert par le Fonds de garantie des dépôts et résolutions. Comme toute banque française, si elle venait à défaillir, le FGDR indemniserait ses clients à hauteur de 100 000 euros et deviendrait alors son créancier.

Mais comme l'explique Le Parisien, la banque pourrait être tentée de se rattraper sur les frais bancaires. "Il est aussi probable qu'elle réduise l'accès aux crédits" estime dans le journal Serge Maître, porte-parole de l'Association française des usagers des banques.

Pour les salariés

Ce sont eux qui ont le plus à perdre dans cette procédure. Les plus inquiets sont les salariés travaillant aux Etats-Unis. Car Washington menace de bannir BNP Paribas du sol américain. Une interdiction qui serait temporaire mais qui aura de toute façon des conséquences sur la réputation de la banque française outre-Atlantique. Son activité aux Etats-Unis risque donc d'être impactée, et ses employés avec.

Pour l'ensemble des salariés du groupe, il y a également un risque que la participation aux bénéfices de l'entreprise soit réduite à la portion congrue. Or chaque employé y a droit et bénéficie de ce gros coup de pouce qui représente souvent plusieurs milliers d'euros.

Pour les actionnaires

Ce sont eux qui ont le plus à perdre dans cette procédure. Car leurs revenus dépendent des résultats de la banque, que cette amende record viendrait largement grever. Ils risquent donc de voir leur dividendes chuter. Même si le risque de cette sanction était connu et avait été anticipé par la direction dans la valorisation du titre. En tout cas, pour les actionnaires, l'annonce officielle de l'amende a eu des répercussions immédiates puisque le titre a chuté de 2,43% vendredi.

Pour la Belgique

La menace pèse également sur l'Etat belge. Ce dernier est un des grands actionnaires de BNP Paribas, à hauteur de 10,3% du capital par l'intermédiaire de la Société fédérale de participations et d'investissements. L'an passé, cette participation a fait rentrer 192 millions d'euros dans les caisses de l'Etat. Mais pour 2014, avec une ardoise américaine à régler, rien ne devrait entrer dans les caisses belges.

L'Etat belge a un second motif d'inquiétude : le cours de l'action a clôturé vendredi à 51,37 euros. Or la Belgique a acheté sa participation à 58 euros et veut se désengager de la banque.

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