Paris attend désespérément ses touristes

Huit mois après les attentats qui ont ensanglanté le mois de novembre à Paris, les touristes semblent avoir déserté la capitale, fragilisant l’activité estivale des professionnels du tourisme de la capitale. Audrey Morellato les a rencontrés.

(Même aux Tuileries, de nombreux bancs restent vides © Audrey Morellato / Radio France)

 Les professionnels du tourisme souffrent cet été à Paris. D'après le comité régional du tourisme, on compterait 12% de visiteurs en moins à Paris au premier semestre 2016, par rapport au 1er semestre 2015. Une réalité amère constatée sur la plupart des grands lieux touristiques à Paris, où chacun constate une réelle baisse de fréquentation. 

Le petit train de Montmartre rempli au tiers 

D’abord à Montmartre, carte postale parisienne s’il en est, un quartier traversé par le petit train, dont sont friands les touristes. Nous nous installons avec Claude, qui le conduit depuis 17 ans. "On a vraiment beaucoup moins de monde, notamment moins d’étranger. Mon train est à un tiers, voire un quart de ses capacité ", déplore le conducteur du train. 

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Une chose est sûre, les visiteurs n'ont pas de mal à circuler : sur les terrasses, presque personne. Un peu plus loin, dans les allées, Amy n'a pas beaucoup de clients potentiels pour ses toiles : "Il y a moitié moins de monde. Normalement, place du Tertre, il est quasi impossible de circuler, elle est bondée ! Cette année, je ne l’ai jamais vue comme ça… "  

 

(Amy attend des clients pour ses toiles © Audrey Morellato)
 

Au Louvre, la file d’attente clairsemée

Autre site d’ordinaire saturé par les touristes : le Louvre. Dans la cour du musée, les visites groupées s'enchaînent. Onno y est guide. Ce Néerlandais en organise autant que l'an dernier, mais même là, constate lui aussi que la foule se presse moins : "J’ai vu la queue pour le Louvre les années passées : c’était parfois sur 100m ! Je ne vois plus ce type de file depuis des mois... "

 

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D'ailleurs, autour du célèbre musée, les magasins de souvenirs trinquent sévèrement. Tous regrettent une baisse d'au moins 30%, parfois plus de 50% par rapport à l'an dernier. Le magasin de Christelle Vivion ne fait pas exception, sous les arches de la rue de Rivoli : "D’habitude, ça devrait être plein, et nous devrions être deux à travailler. Aujourd’hui c’est vide, je suis seule…et je m’ennuie. Nous n’avons plus les clients de d’habitude, Japonais, Américains… Il y a quasiment une baisse de 50% ." 

Les pousse-pousse restent à quai 

Les vendeurs ne sont pas les seuls à s’ennuyer ferme. En bas des Champs-Elysées, une flotte d’une dizaine de pousse-pousse attend, à quai, le touriste absent. Parmi eux, assis sur sa selle, Adrian. Il attend, lui aussi. "Zéro. Ca fait deux heures que je n’ai pas eu une touche, soupire-t-il. Il faut attendre quatre cinq heures pour travailler… "  

Le client n’a pas encore pointé son nez, alors tous attendent la fin de journée, où les jambes des touristes se font plus lourdes et l’entrain moins fringuant, pour commencer à pédaler un peu.

Paris attend désespérément ses touristes - Reportage Audrey Morellato
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