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Nouvelle fièvre boursière autour de la banque HSBC

Les mauvais résultats de la banque britannique HSBC, pourtant réputée résistante, provoquent de nouveaux soubresauts boursiers sur les places européennes. Après la nationalisation partielle de Citigroup, vendredi aux Etats-Unis, les valeurs financières replongent et certaines banques espèrent de nouvelles interventions des Etats.
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La finance mondiale aura à peine eu le temps de reprendre son souffle. Comme une averse tropicale, la pluie de milliards d'euros, de dollars ou de yens qui a inondé les principales banques mondiales semble s'être aussitôt évaporée. Et les banquiers ont à nouveau soif.

Cette fois, la canicule financière est provoquée par deux mauvaises nouvelles, à l'entrée et à la sortie du week-end. Ce matin, la banque britannique HSBC, la plus grosse d'Europe par la capitalisation assénait un coup de massue sur la finance européenne.
_ Ses bénéfices nets ont chuté de 70% (5,7 milliards de dollars “seulement” en 2008). En conséquence, HSBC - qui dévisse de plus de 10% en bourse - appelle les actionnaires au secours et annonce une augmentation de capital de 12,5 milliards de livres (14 milliards d'euros). Un record en la matière.

_ Autre conséquence, la banque a décidé de stopper ses prêts à la consommation aux Etats-Unis, à travers les marques HFC et Beneficial. La fermeture quasi-totale des ces réseaux va détruire plus de 6.000 emplois aux USA.

Les bourses dévissent

Autre mauvaise nouvelle, l'assureur américain AIG, un mastodonte dans son secteur, a annoncé une perte sans précédent aux Etats-Unis (61,7 milliards de dollars au 4e trimestre 2008, soit 49,2 milliards d'euros) et a obtenu une aide supplémentaire de 30 milliards de dollars du gouvernement fédéral qui lui avait déjà accordé une aide de 150 milliards de dollars.

Avec la nationalisation partielle Citigroup vendredi aux Etats-Unis justement, c'est la seconde couleuvre financière qui se retrouve dans l'assiette des bourses en quelques jours. Un plat qui ne risque pas d'être consacré par les guides gastronomiques en raison de la digestion difficile qui le suit. Et les bourses européennes en sont passé par là aujourd'hui : à Londres, le Footsie-100 a rétrogadé de 5,33%, son plus bas niveau depuis 2003. A Paris, le CAC 40 a cédé 4,48% sur la journée, Francfort recule de 3,48% et Milan clôture sur une chute de 6,02%.
_ Des reculades qui s'ajoutent à celles des bourses asiatiques cette nuit. Et Wall street prend le même chemin, avec un Dow Jones qui chute de 2,97 en séance.

Par delà les inconfortables ondulations boursières, c'est tout le secteur financier qui tangue encore une fois. A commencer par les autres banques du Royaume-Uni. Royal Bank of Scotland (RBS) baissait de 12,93%. Lloyds Banking Group perdait 9,09%, Standard Chartered
4,89% et Barclays 5,89%.
_ La contagion a aussitôt traversé la Manche : à Paris, la Société Générale chutait de 5,83%, la BNP-Paribas de 5,50% et le Crédit agricole de 4,21%. Même tendance en Allemagne (Deutsche Bank, - 5,05%; Commerzbank, -4,66%).

Tonneau des Danaïdes

Du coup, le secteur bancaire se revoit au bord du gouffre. Le patron de Commerzbank, Martin Blessing, n'exclut pas de faire à nouveau appel à l'Etat fédéral pour se renflouer, alors que le fond public allemand se prépare à lui attribuer 10 milliards d'euros (prêtés) et que l'établissement avait déjà bénéficié de copieuses aides en novembre.
_ Le président d'HSBC, Stephen Green, en est de son côté réduit à se battre la coulpe : “ Le secteur bancaire a commis plusieurs erreurs ”, admet-il. Les banques ont en particulier “beaucoup vendu des produits inadaptés de façon inadaptée” et Stephen Green appelle le secteur à “revenir à des pratiques correctes et appropriées dans l'exercice de ses activités”. Un mea culpa qui aura tout de même du mal à faire oublier qu'avant que tout aille mieux dans un meilleur des mondes bancaire, les Etats et les banques centrales devront encore remplir ce qui ressemble de plus en plus au tonneau des Danaïdes.

Grégoire Lecalot, avec agences

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