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Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont annoncé mardi leur volonté d'instaurer une taxe sur les transactions financières

Ils remettent ainsi au goût du jour une idée formulée dès 1972 par le Prix Nobel d'économie James Tobin qui a longtemps buté sur l'hostilité des marchés.Il avait imaginé une taxe faible qui s'appliquerait aux seules transactions sur les monnaies et dont l'objectif était de freiner la spéculation à court terme et de financer l'aide aux pays pauvres.
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L'économiste américain James Tobin en 1981. M.Tobin est mort le 11 mars 2002. (AFP - UPI Files)

Ils remettent ainsi au goût du jour une idée formulée dès 1972 par le Prix Nobel d'économie James Tobin qui a longtemps buté sur l'hostilité des marchés.

Il avait imaginé une taxe faible qui s'appliquerait aux seules transactions sur les monnaies et dont l'objectif était de freiner la spéculation à court terme et de financer l'aide aux pays pauvres.

La proposition a d'abord été portée par les mouvements altermondialistes avant d'être reprise à la faveur de la crise financière qui a ébranlé la planète en 2009 et mis en lumière les dérives de la spéculation.

Ses détracteurs ont souligné l'impossibilité d'appliquer un tel prélèvement au niveau mondial et les menaces d'exode des capitaux qu'elle ferait peser.

Toutefois, en septembre 2009, le Premier ministre britannique de l'époque, Gordon Brown avait, avait déclaré à quelques jours du G20 de Pittsburgh (Etats-Unis) qu'une taxe mondiale destinée à réduire les comportements à risques des banques "valait le coup d'être examinée". Il avait été rejoint par le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück.

Le Fonds monétaire international (FMI) avait alors été chargé d'étudier la question. Devant l'hotilité des Etats-Unis et des marchés financiers, le Fonds s'était toutefois rangé à l'idée d'une taxe sur les seules entreprises financières, qui n'a elle non plus toujours pas vu le jour.

Le débat avait été relancé en avril dernier
En avril dernier, le débat a été relancé par un millier d'économistes de 53 pays qui ont écrit aux ministres des finances du G20 pour les exhorter à mettre en place cette taxe qui pourrait, selon eux, rapporter des "centaines de milliards de dollars" au niveau mondial.

En juin dernier, la Commission européenne avait à son tour proposé l'introduction d'une taxe sur les transactions financières destinée à alimenter le futur budget de l'Union européenne, et ce malgré l'opposition prévisible du Royaume-Uni.

M. Sarkozy et Mme Merkel ont précisé mardi que la proposition sera soumise "dès le mois de septembre" aux instances européennes. Cette taxe est une "nécessité évidente", a déclaré la chancelière allemande.

Toutefois, beaucoup de questions restent encore suspens. Lors de leur conférence de presse commune à l'Elysée, le président français et la chancelière allemande n'ont précisé ni le taux de cette nouvelle taxe ni le type de transactions qui y serait soumis, ni son champ d'application géographique. Autant dire que son application n'est pas encore pour demain...

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