Les allocations familiales varieront selon les revenus, annonce Hollande

"Les plus hauts revenus n'auront pas les mêmes allocations familiales que les plus bas", a assuré le président.

François Hollande, le 28 mars 2013, à France Télévisions, pour un entretien avec David Pujadas.
François Hollande, le 28 mars 2013, à France Télévisions, pour un entretien avec David Pujadas. (FRANCE 2 / AFP)

"Les plus hauts revenus n'auront pas les mêmes allocations familiales que les plus bas", a annoncé François Hollande, jeudi 28 mars 2013,  lors de son intervention sur France 2. Le chef de l'Etat a cependant précisé que les prestations familiales ne seraient pas taxées, et que le principe "d'universalité" des allocations ne serait pas remis en cause. Cela signifie que toutes les familles continueront à percevoir des aides, mais pas au même niveau.

Le président n'a pas indiqué à partir de quel plafond les allocations seront réduites, ni à quel niveau. Il a fait cette annonce après avoir vanté le système français : "La politique familiale française est une grande réussite. Nous avons le plus fort taux de natalité d'Europe. C'est grâce, en partie, à la politique familiale de la France."

La réforme des allocations familiales avait déjà été proposée par des parlementaires socialistes, afin de permettre à l'Etat de faire des économies. Le rapporteur socialiste du budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée, Gérard Bapt, ainsi que Pascal Terrasse, secrétaire national du PS chargé de la protection sociale, avaient ainsi proposé de diviser par deux les allocations familiales au-delà d'un certain niveau de revenus. Ils avaient proposé d'adopter le même plafond que celui de la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje) : 53 000 euros par an pour un couple avec deux enfants, ou 61 000 euros pour une famille avec trois enfants. Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, avait, lui, suggéré de taxer les prestations familiales, mais cette piste a été écartée par Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales. 

Une mission sur ce sujet a été confiée à un ancien président de chambre à la Cour des comptes, Bertrand Fragonard. Il dévoilera ses propositions de réforme le 4 avril. Selon un sondage paru le 17 mars, 66% des Français sont favorables à l'introduction d'une condition de ressources pour les allocations familiales.