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Les caricatures de "Charlie Hebdo" prennent un tour diplomatique

Les Etats-Unis, l'Egypte, la Tunisie, le Pakistan ou encore l'Afghanistan ont réagi aux dessins de l'hebdomadaire satirique.

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France Télévisions
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"Charlie Hebdo" est au cœur d'une polémique après la publication de caricatures de Mahomet, le 19 septembre 2012. (REVELLI-BEAUMONT / SIPA )

CHARLIE HEBDO - L'affaire fait réagir jusqu'aux Etats-Unis. La Maison Blanche a mis en doute, mercredi 19 septembre, la décision de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo de publier des caricatures de Mahomet, au moment où des manifestations parfois violentes se multiplient pour dénoncer le film islamophobe L'Innocence des musulmans. Au-delà de Washington, les caricatures de Charlie Hebdo ont fait parler des dirigeants du monde entier. FTVi en fait le résumé.

Aux Etats-Unis

"Nous sommes au courant du fait qu'un journal français a publié des dessins représentant un personnage ressemblant au prophète Mahomet, et évidemment nous avons des questions sur le jugement qui a conduit à publier de telles choses", a déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney. "Nous savons que ces images seront très choquantes pour beaucoup de gens" et pourraient provoquer des réactions violentes, a-t-il expliqué. Mais il a une nouvelle fois affirmé qu'"aussi choquantes que ces [publications] puissent être, elles ne justifient en aucun cas la violence".

En Egypte

La mosquée Al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite basée au Caire, la capitale égyptienne, a condamné ces caricatures "portant atteinte à l'islam et à son prophète". Un haut responsable du Parti de la liberté et de la justice, issu des Frères musulmans, au pouvoir, s'est prononcé contre toute réaction violente de la part des musulmans. Mais il a considéré que des manifestations pacifiques étaient justifiées.

En Italie

A Rome, l'Osservatore Romano, le journal du Vatican, a jugé que ces caricatures jetaient "de l'huile sur le feu""On risque aujourd'hui d'ouvrir un nouveau front de protestation", a-t-il ajouté, évoquant "la discutable initiative du périodique transalpin".

En Tunisie

Les islamistes d'Ennahda au pouvoir en Tunisie "condamnent vivement cette nouvelle attaque contre la personne du Prophète". Ils ont dès lors estimé que les musulmans avaient "le droit de protester". Ils ont toutefois préconisé "l'utilisation de moyens civils et pacifiques".

Au Pakistan

Les autorités pakistanaises ont décrété un jour férié national vendredi en l'honneur de Mahomet. "Nous devons manifester pacifiquement", a prévenu le ministre de l'Information, Qamar Zaman Kaira. Il a précisé que le Pakistan défendait la "liberté d'expression", mais que celle-ci ne devait pas être confondue avec des attaques contre une religion.

En Afghanistan

"Nous condamnons fermement les films et les caricatures qui heurtent les convictions des peuples musulmans", a déclaré mercredi le ministre afghan des Affaires étrangères, Zalmai Rassoul, faisant référence à Charlie Hebdo et au film anti-islam L'Innocence des musulmans"J'espère que ce genre de provocation va s'arrêter et que chacun respectera les convictions des autres", a-t-il déclaré. Selon lui, ces actes "ne contribuent pas à créer un climat de confiance, surtout dans les régions où les relations entre les groupes ethniques aux croyances différentes sont très tendues".

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