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Walter Cronkite: mort d'un journaliste de légende

L'ancien présentateur vedette de CBS s'est éteint vendredi à l'âge de 92 ans, a annoncé la chaîne américaine
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France Télévisions
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Walter Cronkite en février 1991 à Washington, s'exprimant au Sénat sur l'accès des médias à la Guerre du Golfe (© AFP/Luke Frazza)
L'ancien présentateur vedette de CBS s'est éteint vendredi à l'âge de 92 ans, a annoncé la chaîne américaineL'ancien présentateur vedette de CBS s'est éteint vendredi à l'âge de 92 ans, a annoncé la chaîne américaine

Pour de nombreux Américains, il fut l'homme qui annonça, avec une émotion contenue, la mort de John Kennedy le 22 novembre 1963.

Walter Cronkite, qui exerça à l'antenne de CBS entre 1962 et 1981, couvrit la guerre du Vietnam et le premier pas de l'homme sur la Lune pour CBS. Il disparaît à quelques jours du 40e anniversaire de cet événement.

Ses commentaires de l'exploit de Neil Armstrong ont été rediffusés à de nombreuses reprises, ces derniers jours, à l'occasion des célébrations de cet anniversaire.

Selon le Washington Post, qui cite des proches, Walter Cronkite souffrait d'une maladie vasculaire-cérébrale depuis des années.

Le "CBS Evening Show", qu'il présentait d'une voix profonde, est resté le journal télévisé le plus vu entre 1969 et 1981, année où il céda la place à Dan Rather.

Né le 4 novembre 1916 à Saint-Joseph, dans le Missouri, Walter Leland Cronkite fit ses premières armes comme correspondant des agences Scripps-Howard et United Press en 1939. Parmi les premiers journalistes accrédités auprès de l'armée américaine lors de son entrée en guerre, en 1941, il fut notamment parachuté avec la 101e division aéroportée lors du débarquement de Normandie en juin 1944, mais il refusait d'être considéré comme un héros. "Personnellement, je crois avoir été d'une lâcheté incroyable pendant cette guerre. J'étais toujours terrorisé. J'ai tout fait pour éviter les combats", disait-il avec humilité. Walter Cronkite avait aussi été chef du bureau de United Press à Moscou, avant d'entrer à la télévision en 1950.

A la fin des années 1960, il avait joué un rôle crucial en tournant l'opinion publique américaine contre la guerre du Vietnam. En 1972, un sondage d'opinion l'avait sacré "l'homme qui inspire le plus confiance à l'Amérique", davantage que tout homme politique, dirigeant religieux ou héros sportif.

"And that's the way it is..."


Surnommé "Oncle Walter", le présentateur vedette achevait chacune de ses prestations au CBS Evening News par la formule "Ainsi vont les choses" ("And that's the way it is"). Les téléspectateurs l'ont élu à plusieurs reprises personnalité américaine la plus digne de confiance. "Je ne comprends pas mon succès", disait-il. "On peut certainement me reprocher mon style sobre, parfois terne. Mais j'ai bâti ma réputation sur un journalisme honnête et direct. Ce serait une imposture que de procéder différemment." La formule qui clôturait ses journaux résumait, selon lui, les objectifs les plus nobles du journalisme, à savoir "rendre compte des faits tels qu'on les a vus soi-même, sans tenir compte des conséquences ou des controverses qu'ils pourraient susciter".

"Une icône"


Les Etats-Unis ont "perdu une icône", a déclaré vendredi le président américain Barack Obama, saluant la mémoire du journaliste américain de légende. "Sa chaude voix de baryton entrait dans des millions de salons chaque soir, et dans une industrie des icônes, Walter a défini les standards à l'aune desquels tous les autres sont jugés", a-t-il estimé.


A voir aussi: Avec Walter Cronkite, les minutes de direct faisant suite à l'attentat de Dallas, jusqu'à l'annonce officielle de la mort de John Fitzgerald Kennedy

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