Un journaliste américain payé pour vivre un an sans internet

Paul Miller, spécialiste des nouvelles technologies, tente l'expérience pour le site The Verge.

Un homme lisant un e-book dans une librairie en Allemagne, en janvier 2012.
Un homme lisant un e-book dans une librairie en Allemagne, en janvier 2012. (KIEFER / VARIO IMAGES / SIPA)

INTERNET - Depuis trois mois, il vit coupé du monde. Ou presque. Le journaliste américain Paul Miller, spécialisé dans les nouvelles technologies, est engagé dans une expérience au long cours : passer un an sans surfer sur internet. Il publie, lundi 13 août, un compte-rendu d'étape sur le site The Verge, qui l'emploie. "Hors ligne : comment ça va ?", titre-t-il son article. Son bilan personnel, au quart de la course, est très positif : "Ça va super".

"Internet ne me manque pas"

"Les deux premières semaines me firent l'effet d'un flou apaisant, zen", écrit le journaliste. "Je ne me suis jamais senti aussi calme et heureux de ma vie. Jamais." Au bout de cette première quinzaine, Paul Miller a décidé de s'occuper un peu. "Je lisais Homère, Platon, Aristote, Hérodote, Eschyle. J'écrivais à un rythme impressionnant. Pour la première fois, je prenais de cours mes rédacteurs en chef", se réjouit-il.

Le ton est volontairement emphatique. "Sans internet, tout m'avait l'air nouveau (...) Chaque conversation était colorée de centaines de nuances. L'air avait meilleur odeur. Mes phrases étaient moins alambiquées. J'ai perdu un peu de poids, plaisante-t-il même. Trois mois plus tard, internet ne me manque pas du tout. Il n'empiète plus sur ma vie quotidienne". 

Des journées moins bien remplies

Les semaines ont ainsi passé, mais sans se ressembler, nuance Paul Miller. "Maintenant que le fait de ne plus avoir accès au web m'est devenu banal, la quiétude s'en est allée. Je ne me réveille pas avec le lever du soleil, pendant que des petits oiseaux gazouillent et tirent les draps de mon lit. J'ai toujours un travail. Je suis parfois tendu, stressé ou frustré. Je suis de plus en plus seul, et je m'ennuie." Le journaliste conclut, sentencieux : "Je suis Paul Miller, point barre". 

Miller n'est pas le premier à se couper du monde 2.0, et il le sait. "Le charme vient essentiellement du fait que l'on finit par regarder le monde à travers le prisme de 'J'ai décroché d'internet', mais ensuite, on revient sur le net pour raconter à quel point c'était chouette"

Avec une certaine tristesse, Paul Miller réalise surtout que désormais, "il ne manque plus à personne sur son ordinateur". "Le luxe que m'apporte cette expérience, c'est que j'ai plus de temps à remplir dans ma journée, mais moins de façon de le faire." Il recommande malgré tout aux lecteurs qui le souhaiteraient de tenter le coup. Si l'expérience vous déplaît, vous aurez au moins emmagasiné une bonne tripotée de classiques...