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Sarkozy lance son Union pour la Méditerranée

Chère à Nicolas Sarkozy, l’Union pour la Méditerranée (UPM) va voir le jour après une gestation difficile. Une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement d’Europe et du bassin méditerranéen se retrouvent demain à Paris pour le sommet fondateur…
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Radio France
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 (Radio France © France Info)

Lancée il y a un an et demi par le candidat Sarkozy à l’élection présidentielle, l’Union pour la Méditerranée va voir le jour sous une forme édulcorée. Les Vingt-sept – Allemagne en tête – ayant convaincu le président français d’accepter un "compromis" : intégrer l’UE au sein de son projet d’Union pour la méditerranée, qui devait rassembler à l’origine uniquement les pays du pourtour méditerranéen.

L’acte de naissance du "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée" – son nom complet, à la demande de l’Espagne – sera signé demain à Paris, au terme d’une réunion des chefs d’Etat ou de gouvernement de tous les pays de l’UE et de la plupart de ceux du pourtour méditerranéen. Un mini-sommet de trois heures sous la verrière du Grand Palais, suivi d’un dîner de gala juste en face, au Petit Palais.

Le casting oscille entre affiche de rêve et cocktail explosif : le Syrien Bachar al-Assad, longtemps placé au ban des nations, et l’Israélien Ehud Olmert se retrouveront ainsi autour de la même table, mais à bonne distance. Si une rencontre directe n’est pas à l’ordre du jour, tout le monde guettera une éventuelle poignée de main, qui serait historique, entre les chefs de deux pays formellement en état de guerre depuis 60 ans.

Ce sommet a été agencé par Nicolas Sarkozy pour constituer l’événement diplomatique majeur de sa présidence de l’UE, lancée au début du mois. Il se tient sous très haute surveillance policière (lire Le Plus France Info ).

Ce sommet fondateur va donner naissance à une Union d’au moins 43 membres : les 27 de l’UE, dix pays du Sud – Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Syrie, Tunisie et Turquie – et l’Autorité palestinienne, ainsi que l’Albanie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et Monaco. La Libye figure également sur la liste des invités, même si le colonel Kadhafi a ostensiblement boudé la rencontre, comparant le projet à un "champ de mines" destiné à replacer les pays arabes sous la coupe des Européens.

Pour Nicolas Sarkozy, qui estime que "l’avenir de l’Europe est au Sud", il s’agit grâce à l’UPM de gagner le combat contre "le terrorisme, l’intégrisme, le fondamentalisme". La nouvelle Union reposera sur des coopérations autour de thèmes concrets. Quelques premiers projets pourraient être lancés dès demain, comme la dépollution de la Méditerranée (la mer la plus sale du monde), l’énergie solaire ou la sécurité civile.

Côté financement, la Caisse des dépôts (CDC) française et la Cassa depositi e prestiti (CDP) italienne vont lancer un fonds baptisé InfraMed, avec pour objectif d'atteindre un montant global de 600 millions d'euros. Ce fonds sera ouvert à d'autres investisseurs de long terme, d'Europe, de Méditerranée et d'ailleurs.

Gilles Halais avec agences

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