NewsGuard, un service qui veut lutter contre la désinformation en ligne, fait son arrivée en France

Il attribue une note aux médias, laquelle est attribuée en fonction de neuf critères. 

Le service d\'évaluation des médias Newsguard a été lancé en 2018 aux Etats-Unis avant de se développer au Royaume-Uni et en Italie.
Le service d'évaluation des médias Newsguard a été lancé en 2018 aux Etats-Unis avant de se développer au Royaume-Uni et en Italie. (NEWSGUARD)

NewsGuard, un service américain qui évalue les sites d'information en fonction de leur fiabilité, a annoncé son lancement en France, mercredi 22 mai. Dans un communiqué, celui-ci dit avoir mis en ligne des notations pour 70% des sites d'information français. Il espère dépasser les 90% le mois prochain.

Le service donne aux médias une note, attribuée par des équipes de journalistes en fonction de neuf critères de fiabilité et de transparence. Ceux qui les remplissent obtiennent un symbole en forme de bouclier vert, les recalés écopent d'un bouclier rouge et les sites satiriques sont signalés par un symbole jaune. Ces logos s'accompagnent d'évaluations détaillées comme sur les emballages alimentaires.

  
   (NEWSGUARD)

Pour accéder à ces notations, il faut installer une extension disponible pour les principaux navigateurs (Chrome, Firefox, Edge et Safari) : elle rajoute au programme une icône qui vire au rouge ou au vert, en fonction des sites visités.

Franceinfo.fr en vert

L'extension NewsGuard affiche également les boucliers à côté des liens qui renvoient vers les sites notés. Ce qui permet par exemple de distinguer les médias jugés fiables ou pas par NewsGuard sur des agrégateurs qui référencent de multiples sources, comme Google Actualités, ou sur une page Facebook renvoyant vers un site externe. Elle fonctionne également désormais dans les résultats du moteur de recherche Qwant, en plus de Google et Bing.

A titre d'exemple, les sites du Monde, de Mediapart ou de franceinfo sont classés "vert" par NewsGuard. En revanche, le site français du média public russe Sputnik écope d'un bouclier rouge (avec l'avertissement suivant : "Soyez vigilants : ce site web enfreint gravement les principes de base de crédibilité et de transparence"). Le site parodique Le Gorafi est lui en cours d'évaluation.

Lancé par deux journalistes

Dans tous les cas, le service, qui se veut une aide contre la désinformation, vise à informer les internautes mais ne bloque aucun contenu. Mais cette démarche pose tout de même des questions, car l'évaluation de l'information est elle-même soumise à débats, comme le fait remarquer Libération.

Nous ne jugeons pas selon qu’un site est de droite ou de gauche, pro-européen ou pas. Cela nous est égal. Mais s’il y a un biais, il doit être clair pour le lecteur.Le porte-parole de Newsguardà "Libération"

NewsGuard a été créé par deux journalistes, Steven Brill et Gordon Crovitz, qui détiennent la majorité de son capital, et est cofinancé par le groupe français Publicis. Il a été lancé l'an dernier aux Etats-Unis, avant de se développer au Royaume-Uni et en Italie. D'autres outils similaires ont déjà été développés par le passé, comme l'extension Décodex (sur Chrome et Firefox) du quotidien Le Monde.