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Le réalisateur du clip polémique d'Indochine répond au CSA

Le dernier vidéoclip du groupe Indochine continue de susciter la polémique. Alors que le Conseil supérieur de l'audiovisuel doit se pencher sur son cas, afin de déterminer si celui-ci mérite d'être interdit aux moins de 18 ans en raison de sa violence, le réalisateur québécois Xavier Dolan, auteur de la vidéo, a écrit une lettre ouverte à Françoise Laborde, membre du Conseil, dans laquelle il assure que le débat a "environ 35 ans de retard".
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (MALTESE FABRIZIO SIPA)

"En 1990, je vous
aurais écrit pour que vive le vidéoclip College Boy d'Indochine
".
Voilà comment commence la lettre ouverte adressée par le réalisateur québécois Xavier
Dolan, à François Laborde, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel.

Au cœur de la polémique,
donc, la nouvelle chanson du groupe Indochine, pour lequel Xavier Dolan a
réalisé un clip vidéo aux images difficilement soutenables. Filmé en noir et
blanc, il montre la persécution d'un collégien par ses camarades de classe. La
descente aux enfers commence par un lancer de boulettes de papier, et se
termine par la crucifixion du jeune homme, devant les écoliers aux yeux bandés.

"35 ans de
retard
"

Une violence inacceptable
pour Françoise Laborde, qui évoquait la semaine dernière sur France Info la
possibilité, sinon d'interdire le clip de diffusion, de le classer comme
interdit aux moins de 18 ans, pour rendre difficile sa diffusion avant minuit :

Une interdiction dépassée,
selon le jeune réalisateur. Dans sa lettre ouverte, il souligne que "les
plateformes de diffusion en ligne ont pu nous assurer, depuis jeudi dernier, un
nombre de visionnages approchant le million
". Même remarque sur le
fond du dossier : "Vous arrivez à table pour le débat sur la
légitimation de la violence à l'écran avec environ trente-cinq ans de retard
",
lance Xavier Dolan à Françoise Laborde.

"Merci pour
l'exceptionnelle visibilité
"

Aux membres du CSA qui
affirment que la violence ne doit pas être dénoncée par la violence, il demande
: "Comment la dénonce-t-on sinon par la démonstration par l'absurde ? ",
avant de faire la comparaison entre l'interdiction de ce clip avec celle d'un
"documentaire sur le taux de suicide chez les mineurs ". Il
ajoute que "la violence à laquelle les jeunes sont exposés en regardant
[son] clip n'est pas plus grande que la violence à laquelle ils sont exposés
lorsqu'ils regardent les nouvelles françaises où des familles s'en prennent
physiquement à des couples homosexuels
".

Maniant le sarcasme,
Xavier Dolan conclut toutefois en remerciant le CSA, pour "l'exceptionnelle
visibilité que vous avez donné à mon travail
" en "créant ce
scandale imaginaire
". 

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