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L'auteur de polars britannique RJ Ellory s'encensait sur Amazon

Il a été contraint de l'admettre après qu'un autre auteur l'a débusqué.

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France Télévisions
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RJ Ellory, le 25 mars 2012 lors du festival lyonnais Quais du polar, à Lyon. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

MEDIAS - On n'est jamais mieux encensé que par soi-même. L'auteur de romans policiers britannique RJ Ellory (bien Ellory, pas James Ellroy, l'auteur du Dahlia noir) a dû reconnaître qu'il avait commenté de manière très favorable ses propres romans sur Amazon. Et ce alors qu'il critiquait sans vergogne d'autres auteurs sur le site de vente en ligne.

L'affaire a débuté vendredi 31 août sur Twitter. Un autre romancier britannique, Jeremy Duns, a assuré dans une succession de tweets (en anglais) que RJ Ellory se cachait derrière des pseudonymes pour vanter son travail. 

Ses pseudos : Jelly Bean et Nicodemus Jones

Sous les pseudonymes de Jelly Bean ou Nicodemus Jones (en anglais), Ellory, auteur ces dernières années de romans comme Vendetta, Seul le silence, les Anges de New York ou les Anonymes, encense en effet ses œuvres. De Seul le silence, auquel il attribue le maximum de cinq étoiles, il écrit que "c'est le livre le plus émouvant qu'(il ait) jamais vu", et de RJ Ellory, c'est-à-dire lui-même, "l'un des plus talentueux auteurs d'aujourd'hui". Il critique avec tout autant de verve deux autres auteurs, Mark Billingham et Stuart MacBride.

Ellory ne prend pas toujours la peine de se cacher vraiment. Ainsi, sans grande finesse, il signe régulièrement "Roger" (en anglais), son prénom, des commentaires de Nicodemus Jones, auquel il fait donner des détails qui n'appartiennent qu'à lui, comme "J'ai gagné le prix du Nouvel Observateur l'an dernier avec 'Seul le silence' (...)".

Il ne serait pas le seul

Dans un communiqué, Ellory a reconnu être bien l'auteur "des commentaires positifs et négatifs" qui lui sont imputés, et a assuré "regretter du fond du cœur l'absence de jugement" qui l'a fait agir ainsi. Il a présenté ses excuses à ses lecteurs et à la communauté littéraire.

Un groupe de 49 auteurs britanniques, soutenu par la suite par de grands auteurs américains comme Michael Connelly, a condamné dans une lettre ouverte au Daily Telegraph (article en anglais) la pratique des fausses critiques, qui semble dépasser largement le cas de RJ Ellory.

Selon le Guardian, il y a deux ans, l'écrivain Orlando Figes avait admis dénigrer ses rivaux sur Amazon. Quant à l'auteur Stephen Leather, il avait admis passer du temps, lors de la sortie de ses livres, sur Facebook, Twitter ou des forums, sous son nom ou divers pseudos, menant parfois des conversations avec lui-même.

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