Découvrez les deux reportages multimédia lauréats du Prix Philippe Chaffanjon 2019

Les reportages "La vague à l'âme" et "Cité du soleil : les dessous d'une paix fragile" ont été primés.

Les deux reportages primés par le prix Philippe Chaffanjon 2019.
Les deux reportages primés par le prix Philippe Chaffanjon 2019. (CAPTURE D'ÉCRAN / SITE PRIX CHAFFANJON)

Le Prix Philippe-Chaffanjon 2019 a été remis jeudi 6 juin à la Maison de la Radio. Dans la catégorie "Prix du reportage français", le jury a primé Sébastien Daycard-Heid, Guillaume Collanges, Bertrand Dévé et Jérome Pidoux pour leur reportage publié sur le site de France 24 et intitulé "La vague à l'âme". Dans la catégorie "Prix du reportage haïtien", le jury a récompensé Luckson Saint-Vil, Jean Marc Hervé Abelard et Dieu-Nalio Chery pour leur reportage publié sur le site de AyiboPost et intitulé "Cité du soleil : les dessous d'une paix fragile".

"Cette année, les candidats nous ont entraînés sur des territoires familiers et pourtant inexplorés, comme la pêche en France ou les gangs en Haïti. Le Prix Philippe Chaffanjon atteint pour sa sixième édition son objectif particulier : primer des reportages étonnants à la fois par l’information qu’ils apportent et l’originalité de leur écriture", a expliqué Florence Aubenas, présidente du jury.

Des pêcheurs embarqués de la Bretagne au Sénégal

Sébastien Daycard-Heid, primé pour "La vague à l'âme", raconte l'histoire de pêcheurs sénégalais embarqués dans des bateaux de pêche au large de la Bretagne. "Ces Sénégalais se retrouvent sur ces bateaux français parce qu'il y a un manque de poissons chez eux, notamment à cause de la pêche industrielle qui préempte une bonne partie des ressources sur place. Ils se retrouvent donc à devoir émigrer", détaille le journaliste sur franceinfo.

En France, ces pêcheurs sénégalais sont accueillis favorablement, car, comme l'explique Sébastien Daycard-Heid, "il y a un besoin de main d'œuvre en Bretagne ou en Normandie, parce que la plupart des jeunes Français ne veulent plus travailler dans le secteur de la pêche".

Au cœur du plus grand bidonville haïtien

Luckson Saint Vil, l'un des journalistes qui signe le reportage "Cité du soleil : les dessous d'une paix fragile", expose sur franceinfo le sujet de son reportage au cœur du plus grand bidonville de la capitale haïtienne où la situation semble s’être apaisée après des décennies de terreur: "C'est l'histoire de chefs de gangs qui, dans le temps, semaient la mort, puis ont décidé de changer leur vie à travers le social. Ces chefs de gangs, aujourd'hui, créent des fondations, des projets sociaux au bénéfice des populations."

Ces chefs de gangs, comme le rappelle le jury du prix Chaffanjon, "ont créé des fondations, qu’ils utilisent pour blanchiment d’argent et proposent des projets de développement au gouvernement haïtien comme au secteur privé. Une paix fragile, toujours sur le point de basculer, mais dont dépend le sort de 300 000 personnes."

Chaque année depuis 2013, le prix Philippe-Chaffanjon récompense deux reportages multimédias, l'un publié sur un site de presse français, l'autre sur un site de presse haïtien, en mémoire de Philippe Chaffanjon, ancien directeur de franceinfo et de France Bleu, disparu en 2013. Pour cette sixième édition, le jury avait reçu une cinquantaine de candidatures.

Le jury de cette sixième édition Prix Philippe Chaffanjon, présidé par Florence Aubenas, réunisait des journalistes et personnalités des médias de premier plan : Matthieu Aron (L’Obs), Alexandre Brachet (UPIAN), Charlotte Chaffanjon, Jacques Expert (RTL), Guillemette Faure (Le Monde), Olivier Geay (RTL), Yves Harté (Sud-Ouest), Pierre Haski (Président Reporters Sans Frontières), Isabelle Labeyrie (franceinfo), Franck Moulin (BFM), Patrick de Saint-Exupery (auteur et journaliste), Fanny Stenneler (France 2).