Trois ans après l'attentat, les Français sont de moins en moins "Charlie"

Les Français se sentent de moins en moins "Charlie", d'après un sondage Ifop réalisé pour le collectif "Toujours Charlie". Trois ans après l'attentat qui a frappé le journal satirique, seuls six Français sur dix se sentent toujours solidaires de l'hebdomadaire. 

Plusieurs graffitis sur des murs parisiens après l’attentat de Charlie Hebdo
Plusieurs graffitis sur des murs parisiens après l’attentat de Charlie Hebdo (JOEL SAGET / AFP)

Trois ans après l'attentat qui a frappé Charlie Hebdo, "l'esprit Charlie" s'effrite, selon un sondage Ifop pour le collectif "Toujours Charlie" qui organise un rassemblement et des débats samedi 6 janvier aux Folies Bergères, à Paris.  

Plus que 61% des Français se sentent "Charlie"

Alors que 71% des sondés se sentaient "Charlie" l'an dernier, ils ne sont plus que 61% aujourd'hui. Parmi les raisons invoquées par celles et ceux qui "ne se sentent pas Charlie", il y a majoritairement le sentiment de "ne pas" ou "ne plus" être "marqué par l'attentat" de janvier 2015. C'est le cas notamment de plus d'un sondé sur trois. 

Dans ce sondage Ifop, on apprend également que "se sentir Charlie" dépend de l'âge : les 25-34 ans ont beaucoup moins l'esprit "Charlie" que les 50-64 ans. Cela dépend aussi du lieu de résidence. Selon l'enquête, les habitants des villes sont plus "Charlie" que ceux des campagnes.

43% des sondés estiment que la liberté d’expression a diminué

Pour Joachim Roncin, qui a créé le slogan "Je suis Charlie" peu après l'attaque, aujourd'hui il est difficile de donner une définition à cet "esprit Charlie". "Ce terme 'je suis Charlie' veut tout et rien dire aujourd'hui. Cela a été tellement repris que ça en a perdu son sens, reconnait-il. 'Je suis Charlie' est un message personnel qui, pour moi, a toujours évoqué la liberté d'expression et la liberté de la presse. Si quelque chose d'aussi terrible se passait de nouveau, j'ai la naïveté de penser que les gens redescendraient dans la rue et témoigneraient de leur amour pour les gens qui sont tombés".  La liberté d'expression, dont Joachim Roncin parle, serait d'ailleurs menacée dans les médias traditionnels (la presse, la radio et la télé), puisque 43 % des sondés pensent qu'elle a diminué depuis les attentats de Charlie Hebdo.