"A ce stade, la loi Macron ne passe pas", estime Manuel Valls

Branle-bas de combat au sein de la majorité, qui peine à rassembler les voix des socialistes autour du texte porté par le ministre de l'Economie, alors que le vote est prévu mardi après-midi à l'Assemblée nationale.

Le Premier ministre Manuel Valls n\'est pas optimiste avant le vote de la loi Macron en première lecture à l\'Assemblée nationale, mardi 17 février 2015. 
Le Premier ministre Manuel Valls n'est pas optimiste avant le vote de la loi Macron en première lecture à l'Assemblée nationale, mardi 17 février 2015.  (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

"Je ne dramatise pas, au moment où je parle, le texte ne passe pas." Manuel Valls tente de rassembler ses troupes, mardi 17 février, avant le vote en première lecture de la loi Macron. Selon le Premier ministre, le texte est mal engagé pour recueillir la majorité des votes, ce qui serait "un affaiblissement considérable" pour le gouvernement. Autant dire que l'ambiance est tendue dans les couloirs.

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Les frondeurs ont sans doute les clés du vote

Comme souvent, le sort du texte est lié aux frondeurs socialistes. A ce titre, le gouvernement peut nourrir quelques inquiétudes. Une majorité des 30 à 40 députés PS frondeurs annonce vouloir voter contre le projet de loi Macron, selon l'un de leurs animateurs, Christian Paul, avant la réunion du groupe PS en présence de Manuel Valls.

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Aux yeux du député Laurent Baumel, "il y a une probabilité que le vote soit assez serré et que, si le texte est adopté, il ne le soit pas forcément avec une grande marge, en tout cas à gauche".

Opposition quasi-unanime à l'UMP

De leur côté, les députés UMP voteront contre ce texte "à 97-98%", a indiqué leur chef de fil à l'Assemblée, Christian Jacob, mardi. Selon lui, la loi Macron ne porte "aucune mesure" pour la croissance. Et si elle est adoptée, le groupe saisira le Conseil constitutionnel.

A l'UDI, les élus ne sont pas davantage emballés. Une courte majorité des 30 élus s'abstiendront ou voteront pour, estime leur président, Philippe Vigier. Ce dernier estime que le "gouvernement a ouvert la voie mais s'est arrêté au camp 1". Il regrette, notamment, que la question du temps de travail ne soit pas abordée.

Les écologistes et le Front de gauche hostiles au texte

A gauche aussi, les oppositions sont nombreuses. Sur les 18 députés du groupe écologiste – "sauf changement de dernière minute" – 14 devraient voter contre et les autres s'abstenir, selon l'un des coprésidents du groupe, François de Rugy. Les députés du Front de gauche, de leur côté, dénoncent un "texte très libéral", "archaïque et rétrograde" selon leur chef de file André Chassaigne. Ce dernier ajoute que la loi "fait basculer certaines activités de services de la maîtrise publique vers l'entrepreneuriat privé".