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Les scénarios de la SNCF pour des TGV plus rentables

La direction de la SNCF a proposé trois scénarios à l'horizon 2020, pour réagir à la baisse depuis plusieurs années de la rentabilité des TGV, liée notamment au prix des péages acquittés à Réseau ferré de France. Le scénario le plus probable serait d'augmenter la productivité et réduire les coûts d'exploitation. Mais il ne permet du coup pas de renouveler le parc de rames.
Article rédigé par Agathe Ranc
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
  (La SNCF cherche à alerter sur la situation des TGV © REUTERS / Stéphane Mahe)

Le conseil d'administration de la SNCF s'est réuni lundi pour étudier la question de la rentabilité du TGV, en baisse depuis plusieurs années. Selon des informations publiées par le journal Les Echos , la direction de l'entreprise publique a présenté trois scénarios au conseil.

L'objectif est de résoudre l'équation économique compliquée à laquelle la SNCF fait face avec ses TGV. Leur fréquentation est à la baisse depuis plus de deux ans, souligne le quotidien, tandis que le prix acquitté à Réseau ferré de France pour les péages a augmenté sur cette même période. Résultat, selon Les Echos , "un recul de la marge opérationnelle de l’activité TGV de 14,2 % en 2011 à 11,4 % l’an dernier".

Pour Barbara Dalibard, la directrice générale de la branche SNCF voyage, le calcul est encore compliqué par le choix de l'entreprise de ne pas trop augmenter les billets, et de proposer des petits prix. Les coûts de l'infrastructure augmentent, les revenus stagnent.

Rentabilité des TGV : "une équation économique complexe" pour la directrice générale de SNCF voyage, Barbara Dalibard

Réduire ou développer l'offre ?

Le premier scénario proposé n'a quasiment aucune chance d'aboutir. Il repose sur une réduction du nombre de gares desservies, avec un repli sur une quarantaine de gares les plus importantes. Les autres seraient desservies par des Intercités ou des TER. Le principe de cette solution est simple, il consiste à se concentrer sur ce qui est rentable pour délaisser ce qui est déficitaire. Pour ne pas trop diminuer le nombre de places disponibles dans les TGV et donc de billets disponibles à la vente, la priorité serait donnée aux rames en duplex.

Cette solution serait compliquée à mettre en place pour plusieurs raisons : d'une part, Alstom, qui fabrique les rames, n'aurait plus de commandes. D'autre part, il faudrait assumer les coûts de gros travaux dans les gares régionales qui deviendraient des gros noeuds de correspondances.

Le second scénario, expliquent Les Echos , prévoirait l'augmentation de l'utilisation des 400 rames TGV de la SNCF, aujourd'hui utilisées cinq heures par jour en moyenne. Pour que le taux de remplissage suive, les prix seraient réduits. L'idée à de quoi séduire... Mais il manque 400 millions d'euros par an pour que ce scénario soit équilibré.

Le scénario le plus probable : maintenir le cap

Le dernier scénario est le plus probable. Il consiste à suivre le cap défini en 2012 : augmenter la productivité et réduire les coûts d'exploitation.

Si les solutions proposées par la direction ne sont pas révolutionnaires, c'est que l'objectif de l'exercice, selon le quotidien, est surtout d'alerter sur les conséquences pour les TGV du système ferroviaire tel qu'il est organisé. Si la tendance à la hausse du prix de péage se maintient, les TGV devraient voir leur contribution augmenter de près d'un milliard d'euros d'ici dix ans. Dans cette situation, le troisième scénario ne permet pas de renouveler le parc de rames. Aujourd'hui,  40 % du prix des billets servent à payer les pégaes.

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