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Les prix des carburants flambent... Et ce n'est pas fini

Les automobilistes ont dépensé des sommes records l'année dernière pour faire le plein de leur voiture. Les prix du super sans plomb 95 dépassent même en ce moment les niveaux de l'année 2008, au cours de laquelle les cours du brut s'étaient hissés à des sommets absolus. Les tensions géopolitiques en Iran, la demande en forte hausse sont à l'origine de cette flambée des prix.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Sylvie Johnsson Radio France)

Les prix à la pompe ont bondi à l'occasion du passage en 2012.
Selon le baromètre de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), l'essence SP95 passe de 1,513€ fin décembre à 1,536€ aujourd'hui.
De son côté, le gazole progresse de 1,371€ à 1,398€.
Les données fournies par l'Ufip sont fondées sur des moyennes hebdomadaires. Les prix peuvent varier d'un jour à l'autre ou d'une station-service à l'autre.
Les prix de l'essence sans plomb battent des records. Le SP95, essence la plus vendue en France, dépasse aujourd'hui le prix enregistré en juin 2008.

Tensions géopolitiques

Si faire le plein n'a jamais été aussi cher c'est notamment en raison du prix du pétrole brut. Il s'affiche aujourd'hui à 113 $ le baril.
A cela s'ajoute la chute de l'euro et les tensions géopolitiques en Iran et au Nigéria.
Aujourd'hui encore, les prix du pétrole montent nettement en cours d'échanges européens.
La menace iranienne d'interrompre la navigation dans le détroit d'Ormuz maintient les marchés en haleine. Cela concerne surtout "les marchés asiatiques, comme l'Inde et la Chine " explique Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières.
En novembre, les importations chinoises de pétrole saoudien ont augmenté de 32,3% par rapport à novembre 2010, et celles de pétrole russe ont augmenté de 76%. C’est sensiblement la même chose en Inde, qui a importé en 2010 environ 70% du pétrole qu’elle a utilisé.
L'Union Européenne et les Etats-Unis ont décidé récemment d'accroître la pression sur l'Iran pour contraindre ce pays à renoncer à ce qu'ils soupçonnent être un programme d'armes nucléaires sous le couvert d'un projet civil.
Le détroit d'Ormuz est une voie importante pour le transport de brut vers l'Iran. Plus de 2.000 pétroliers y transitent chaque année, pour un volume d'environ 17 millions de barils de pétrole par jour.
Les pays de l'UE ont décidé sur le principe au début du mois d'instaurer un embargo pétrolier contre l'Iran.
Les investisseurs sont également inquiets des affrontements religieux et des manifestations contre la hausse des carburants qui se déroulent en ce moment au Nigeria.
Les syndicats du pétrole ont menacé pour la première fois depuis le début de ce mouvement social d'interrompre la production de brut.Le Nigeria est le plus gros producteur de brut d'Afrique devant l'Angola avec près de 2,4 millions de barils par jour.
"Aujourd'hui, on ne voit pas de facteurs qui feraient baisser les prix ", ajoute Jean-Louis Schilansky.
Il faut donc s'attendre à une nouvelle hausse des prix des carburants dans les prochains jours.

Pour tenter de limiter la hausse des prix à la pompe, les grands groupes pétroliers investissent dans de nouveaux navires pour rechercher du pétrole dans les grands fonds marins. C'est le cas en Arctique ou en Guyane, des zones qui sont pour l'instant inexplorées.

 

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