Cet article date de plus d'onze ans.

Les pays du G20 ont sévèrement mis en garde vendredi contre des politiques économiques "non coordonnées"

Ils l'affirment dans le communiqué final diffusé à l'issue du sommet.Ils se sont également engagés à Séoul à s'abstenir d'avoir recours à des dévaluations compétitives de leurs monnaies, alors que ce sommet s'est déroulé sur fond de vives tensions à propos des taux de changes, notamment entre la Chine et les Etats-Unis.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 5 min.
Vue générale de la salle de conférence du sommet du G20 à Séoul (AFP PHOTO / POOL / HOANG DINH Nam)

Ils l'affirment dans le communiqué final diffusé à l'issue du sommet.

Ils se sont également engagés à Séoul à s'abstenir d'avoir recours à des dévaluations compétitives de leurs monnaies, alors que ce sommet s'est déroulé sur fond de vives tensions à propos des taux de changes, notamment entre la Chine et les Etats-Unis.

Le "plan d'action de Séoul", détaillé dans le communiqué, appelle les pays développés et émergents à "assurer la reprise en cours, une croissance durable et la stabilité des marchés financiers, en particulier en évoluant vers des systèmes de changes davantage déterminés par les marchés, en renforçant la flexibilité des taux de changes pour refléter les fondamentaux économiques et en s'abstenant de dévaluations compétitives des monnaies".

Nouvelles normes bancaires
Les dirigeants des pays du G20 ont indiqué être prêts à mettre en oeuvre de façon complète les nouvelles normes bancaires, dites de Bâle III.

"Nous allons totalement mettre en oeuvre les nouvelles normes concernant le capital et la liquidité des banques", a indiqué ce communiqué, rendu public à l'issue du cinquième sommet du G20.

Les normes dites de Bâle III sont destinées à entrer en vigueur à partir de 2013 et prévoient notamment une augmentation des fonds propres des banques d'ici le 1er janvier 2015.

Encadrement des institutions financières "systémiques"
Les pays du G20 sont également convenus de remédier au problème posé par les institutions financières dites systémiques car présentant un risque pour l'ensemble du système financier en cas de défaillance.

"Le CSF et les autorités nationales détermineront à la mi-2011" quelles sont les institutions financières dites systémiques, car présentant un risque pour l'ensemble du système financier en cas de défaillance. Ces institutions doivent faire l'objet de règles plus strictes, notamment en termes de capital et de liquidités, afin de les rendre plus résistantes en cas de crise.

Le CSF a publié vendredi un rapport sur ces institutions dans lequel il préconise notamment de renforcer leur capacité à absorber des pertes, une meilleure supervision financière et un ensemble de mesures visant à s'assurer que le contribuable ne soit plus mis à contribution pour leur sauvetage éventuel en cas de crise.

Fortes tensions autour de la "guerre des monnaies"
Lors d'une rencontre avec Barack Obama, jeudi, le président chinois Hu Jintao a souligné que la réforme du yuan se fera inéluctablement. "le processus sera progessif", a-t-il ajouté.

La chancelière allemande Angela Merkel avait laissé entendre la veille que l'accord s'annonçait comme un compromis limité entre les pays à fort excédent commercial, dont l'Allemagne ou la Chine, et les pays fortement déficitaires, comme les Etats-Unis, qui ont affiché ouvertement leur discorde.

Barack Obama a promis jeudi à Séoul de continuer à promouvoir une "croissance responsable et stable" aux Etats-Unis, après les décisions de la Fed.

De son côté, "le président M.Hu a souligné que la volonté de la Chine d'aller de l'avant dans la réforme du yuan était inébranlable", a déclaré un porte-parole chinois, Ma Zhaoxu, devant la presse.

Les tensions autour de la "guerre des monnaies" étaient plus fortes que jamais mercredi à la veille du sommet du G20 à Séoul, certains pays critiquant vertement les Etats-Unis, accusés de menacer l'équilibre économique mondial en favorisant la faiblesse du dollar.

Plaidoyer de Barack Obama pour une "reprise américaine forte"
Le président américain, Barack Obama, a toutefois coupé court à ces critiques dans une lettre en forme de plaidoyer pour la politique américaine, diffusée peu après son arrivée mercredi soir à Séoul. "Une reprise américaine forte, créatrice d'emplois et de richesses, est le meilleur service que les Etats-Unis puissent rendre à l'économie mondiale", souligne-t-il dans ce texte.

Côté allemand, on se refuse à toute limitation des déséquilibres excédentaires des comptes courants, une idée défendue par les Américains. "Fixer politiquement des plafonds aux excédents ou aux déficits des comptes courants n'est ni économiquement justifié ni politiquement approprié", a déclaré Mme Merkel devant un parterre d'hommes d'affaires, peu avant l'ouverture du sommet du G20 à Séoul. Une telle mesure, pourtant préconisée par le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner, est incompatible avec l'objectif du libre-échange et les comptes courants ne peuvent pas être contrôlés par les gouvernements, a-t-elle ajouté.

Si les Américains sont accusés de laxisme monétaire, la zone euro continue a faire face aux déficits record enregistrés par certains de ses membres, comme la Grèce ou l'Irlande. L'Union européenne est prête à aider l'Irlande, en proie à une grave crise financière, "en cas de nécessité", a d'ailleurs déclaré jeudi à Séoul le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Sarkozy, nouveau président du G20
Le président Nicolas Sarkozy a pris vendredi à Séoul les rênes du G20, avec l'espoir de faire avancer des réformes susceptibles de réduire les déséquilibres économiques, mais aussi en affichant une certaine modestie, vu l'ampleur de la tâche.

"Cette présidence" du G20, "nous l'abordons avec ambition et réalisme", a affirmé Nicolas Sarkozy, lors d'une conférence de presse à l'issue de ce cinquième sommet du G20.

Le président français a annoncé le programme qu'il voulait bouclé au cours de l'année. Trois gros chantiers sont au programme, qu'il a plusieurs fois détaillé ces derniers mois: réforme du système monétaire international, dont il espère débattre "sans tabou", lutte contre la volatilité du prix des matières premières, cause d'émeutes de la faim en 2008, notamment à Haïti et en Afrique, et réforme de la gouvernance mondiale (Fonds monétaire international, Conseil de sécurité élargi aux grands émergents, dont l'Afrique).

Il a toutefois prévenu qu'il s'agissait là de dossiers "colossaux" pour lesquels il n'y avait "pas de solutions simplistes". "Ils ne pourront être achevés au terme d'une seule année", a-t-il insisté, ajoutant que la France allait "travailler avec le sens du collectif".

Outre des entretiens prévus avec le président américain Barack Obama à la fin de l'année et début 2011, un déplacement en Afrique du Sud et en Inde, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de travailler "main dans la main avec le FMI" durant sa présidence du G20, et qu'il recevrait son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, "en décembre".

Nicolas Sarkozy vise également "les priorités qui ont toujours été" celles de la France: "la moralisation du capitalisme, la stricte surveillance de la rémunération des traders, stricte surveillance des paradis fiscaux".

La prochaine réunion du G20 est prévu les 3 et 4 novembre 2011 à Cannes. La ville a été choisie notamment en raison de "la configuration des lieux", la proximité du Palais des festivals et de plusieurs hôtels permettant d'organiser un événement de cette importance sur un périmètre réduit, selon la mairie.

-> Lire aussi :

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Eco / Conso

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.