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Les éleveurs passent des barrages aux actions ciblées

Les éleveurs ont peu à peu levé les barrages routiers ce jeudi soir, pour laisser la place à des actions plus ciblées sur des entreprises ou des installations professionnelles. Sur le plan politique, François Hollande a souhaité reprendre la main en mettant la pression sur les intermédiaires.
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Radio France
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 (Des éleveurs versent du lisier devant l'entrée d'un hypermarché à Clermont-Ferrand © Maxppp)

La mobilisation des éleveurs a changé de forme ce jeudi, passant des barrages routiers aux actions ciblées. Mais les agriculteurs qui bloquaient les abords de Lyon ce jeudi matin ont prévenu : ils vont "maintenir la pression tout l'été " pour obtenir des garanties sur les prix, au lendemain de l'annonce d'un plan d'aide gouvernemental jugé insatisfaisant. "Dès aujourd'hui, nous mettons sous surveillance les enseignes ", a renchéri le président de la FNSEA, Xavier Beulin, selon lequel 10.000 à 15.000 agriculteurs étaient mobilisés.

Actions coup de poing

De fait, les barrages routiers ont progressivement laissé la place aux actions coup de poing ciblant des industriels ou des distributeurs, comme par exemple des laiteries en Loire-Atlantique ou encore un hypermarché Leclerc dans le Nord. Les producteurs de lait du Nord/Pas-de-Calais ont entamé jeudi soir le blocage de trois sites de transformation du lait. Une quarantaine et une centaine d'agriculteurs bloquaient respectivement l'usine de produits laitiers Novandie à Vieil-Moutier (Pas-de-Calais) et la coopérative de la Prospérité fermière de Saint-Pol-sur-Ternoise. Dans le Nord, les issues de l'usine Danone de Bailleul étaient bloquées depuis 21h30. De 100 à 200 agriculteurs, selon la préfecture du Nord et la FDSEA, étaient rassemblés devant l'usine, sans incident.

Barrages levés

En Lozère, un barrage filtrant a été établi sur l'autoroute A75. Les automobilistes étaient redirigés sur l'aire de Lozère où les agriculteurs distribuaient des tracts et du lait de marque "équitable". Les barrages ont, en revanche, été levés autour de Lyon et sur les grands ponts enjambant la Seine en Seine-Maritime. Certains seront toutefois maintenus toute la nuit, comme au sud de Clermont-Ferrand, ou à Nevers. De même en Bretagne sur le pont de Morlaix, où 250 à 300 éleveurs de porcs, de bovins et de producteurs de lait manifestaient. De manière générale, les agriculteurs ont décidé de ne pas perturber les grands week-ends de chassé-croisé de l'été. Le Premier ministre, Manuel Valls, a "salué " un "comportement responsable ".

Table ronde sur le lait

Sur le plan politique, François Hollande s'en est pris aux intermédiaires, jugés responsables du blocage des prix agricoles, sans les nommer. A Dijon, le président de la République a voulu mettre sous pression les distributeurs, abatteurs et transformateurs. Il a rencontré des représentants des organisations syndicales de Côte d'Or. Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll doit réunir ce vendredi une table ronde de la filière laitière pour travailler sur les charges qui pèsent sur les exploitations. Le ministre a obtenu un conseil européen consacré à la crise de l'élevage en septembre.

La droite est sortie de son silence, Nicolas Sarkozy estimant que le plan gouvernemental de 600 millions d'euros "n'était pas à la hauteur de la crise ". Marine Le Pen a qualifié les annonces de l'exécutif "d'incantations vides ".

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