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Les attaques contre l'Italie et l'Espagne ont vu les taux auxquels elles empruntent s'envoler

Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a convoqué une réunion de crise cet après-midi avec la ministre de l"Economie, Elena Salgado "pour analyser les derniers mouvements des marchés financiers".
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José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement socialiste espagnol, dimanche 22 mai 2011. (AFP)
Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a convoqué une réunion de crise cet après-midi avec la ministre de l"Economie, Elena Salgado "pour analyser les derniers mouvements des marchés financiers".

Alors qu"aux Etats-Unis les parlementaires sont parvenus à un accord pour relever le plafond de la dette nationale, la tension est revenue dans la zone euro.

Depuis le début de la semaine, l"Espagne et l"Italie concentrent les incertitudes des marchés obligataires. Sous pression, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a du écourter ses vacances mardi et rentrer en urgence à Madrid pour suivre de près l"évolution économique.

La prime de risque s'envole

L"Espagne subit en effet depuis le début de la semaine une forte crise de confiance liée à sa dette publique. A l"ouverture des bourses européennes mercredi matin, le taux des obligations espagnoles à 10 ans a atteint 6,264% contre 2, 347% pour les bons allemands. La différence de rendement par rapport aux obligations allemandes, considérées comme un investissement sûr et donc comme la référence sur le marché, a atteint des niveaux historiques.

Mardi et mercredi matin, ce différentiel, appelée « spread » ou prime de risque, a dépassé les 400 points, avant de redescendre à 382 points. En une semaine, la prime de risque espagnole a grimpé de plus de 100 points, plombant un peu plus une économie grippée par le financement de la dette malgré plusieurs plans d"austérité. Rien que pour l"année 2010, on estime le surcoût pour les finances publiques espagnoles à 2 milliards d"euros.

Mais plus que le coût du financement de la dette, c"est la perspective d"une envolée de la prime de risque qui a fait réagir le gouvernement espagnol. Alors que la Commission européenne a exclu toute discussion sur un plan de sauvetage, les investisseurs craignent que le franchissement de la barre des 400 points ne soit que le prélude à un défaut de paiement du trésor espagnol. A titre d"exemple, la possibilité d"un plan d"aide pour la Grèce, le Portugal et l"Irlande a été évoquée quand le taux des obligations a dépassé les 6%, ce qui est actuellement le cas des bons espagnols. L"émission de 2,5 à 3,5 milliards d"euros d"obligations jeudi fera office de test, deux mois et demi avant les élections anticipées.

Un climat politique agité

Car ce nouvel épisode de tension survient à un moment politique compliqué pour l'Espagne. Poussé par un contexte économique difficile, un chômage record et des pressions jusque dans son propre parti, le chef de l'exécutif a annoncé vendredi des élections législatives anticipées le 20 novembre, au lieu de mars 2012. Toute la journée de mardi il a d'ailleurs tenu à informer de la situation les deux principaux candidats de droite et de gauche, ayant décidé lui-même de ne pas se représenter.

En quelques mois l'Espagne a réformé son marché du travail, son secteur bancaire et son système de retraites, même si sa croissance atone et les difficultés financières de ses régions continuent d'inquiéter.

L'Italie sur la sellette

Du côté italien aussi on cherche à rassurer les marchés à tout prix. Alors que le taux italien flirtait mercredi matin avec les 6%, le ministre des Finances, Giulio Tremonti, avait mercredi à Luxembourg un entretien avec le chef de file de la zone euro, Jean-Claude Juncker. "Nous avons eu une longue discussion et passé en revue tous les problèmes qu'affronte la zone euro", a dit Jean-Claude Juncker, avant d'ajouter que la réflexion sur la crise devait se poursuivre "calmement".

Car l'Italie pèse à elle seule plus de deux fois plus que les trois pays sauvés à ce jour de la banqueroute: Grèce, Irlande et Portugal. Si elle cédait, toute la zone euro serait menacée.

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