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Le programme économique du gouvernement ne convainc pas l'OFCE

L'Observatoire, plutôt classé à gauche, estime que les mesures envisagées pendant le quinquennat pèseront sur l'emploi et la croissance. 

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François Hollande et le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, le 4 juillet 2012 à l'Elysée, à Paris. (ANA AREVALO / AFP)

La politique économique du gouvernement passée au crible. L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), plutôt classé à gauche, a publié jeudi 26 juillet son évaluation des mesures envisagées pendant le quinquennat. Et ses conclusions en termes d'impact sur l'emploi et la croissance sont plutôt mitigées.

L'observatoire a évalué onze mesures du projet de François Hollande à partir d'hypothèses économiques, en calculant la part des effets d'aubaine - c'est-à-dire des emplois qui auraient de toute façon été créés - sur les créations d'emploi annoncées. 

• Le contrat de génération moins intéressant que prévu

Les économistes de l'OFCE sont notamment sévères sur le contrat de génération, qui sera lancé en 2013 pour favoriser l'embauche en CDI des jeunes et le maintien dans l'emploi des seniors. Ainsi, la signature de 500 000 de ces contrats permettrait seulement de créer "entre 48 000 et 99 000 emplois dans le secteur marchand", pour un coût "compris entre 0,06 et 0,22 point de PIB".

A plus court terme, les emplois aidés du type "emplois d'avenir" peuvent contribuer à faire baisser le chômage, selon l'OFCE. Mais là encore, les créations nettes seront moins élevées qu'attendu : 107 300 pour 150 000 emplois subventionnés au total (3,45 milliards d'euros de coût annuel).

Les économistes évoquent des effets d'aubaine forts dans le secteur marchand, mais "assez faibles" dans le non marchand, où seront très majoritairement créés ces emplois destinés aux jeunes au chômage, en priorité issus des quartiers en difficulté.

• La refiscalisation des heures sup indolore

L'OFCE se penche également sur le dispositif de refiscalisation des heures supplémentaires. Selon les économistes, il ne "dégradera pas le marché du travail" (17 900 emplois créés ou sauvegardés), tout en permettant de réduire le déficit de 5,2 milliards d'euros en 2014.

Concernant le "coup de pouce" au smic entré en vigueur au 1er juillet, son effet négatif sur l'emploi est jugé très "faible", pour une dégradation des finances publiques évaluée à 240 millions d'euros.

• La politique de rigueur négative pour la croissance et l'emploi

"Dans un contexte fortement dégradé et très incertain", la "stratégie de crise" du gouvernement est d'abord budgétaire, relève l'OFCE, avec l'objectif de réduire le déficit public à 3% du PIB à fin 2013. Or, des mesures telles que les hausses d'impôts ou la réduction des dépenses, destinées à réduire le déficit, peuvent avoir un effet contre-productif, estiment les économistes. 

La recherche de l'équilibre budgétaire à l'horizon 2017 pèserait sur l'activité et l'emploi, sans permettre d'entrevoir une sortie de crise. Ce supplément de rigueur "amputerait l'activité de 1%" et "coûterait plus de 160 000 emplois en cinq ans".

• La réforme des retraites plutôt bienvenue

Seul bon point dans cette évaluation sévère, les retraites. Le rapport souligne que "l'assouplissement des conditions de départ en retraite de ceux qui ont eu des carrières longues n'apparaît pas aberrant dans la conjoncture actuelle".

Le gouvernement a élargi les possibilités de départ à 60 ans aux personnes ayant travaillé avant 20 ans, contre 18 ans auparavant. Selon l'OFCE, la question d'un plus grand élargissement (pénibilité, différence d'espérance de vie…) pourrait même être posée dans le cadre du débat qui va s'engager au printemps 2013.

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