Le pouvoir d'achat a baissé : quel impact pour les Français?

Se passer de vacances, puiser dans son bas de laine, acheter autrement... Quels sont les nouveaux comportements des consommateurs ?

Le pouvoir d\'achat des ménages français a enregistré une baisse record de 0,9% en 2012, a annoncé mercredi 15 mai 2013 l\'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). 
Le pouvoir d'achat des ménages français a enregistré une baisse record de 0,9% en 2012, a annoncé mercredi 15 mai 2013 l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).  (DAVID COOPER / TORONTO STAR/ GETTY IMAGES)

Après l'annonce de l'entrée officielle de la France en récession, c'est l'autre mauvaise nouvelle économique de la journée : l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a annoncé, mercredi 15 mai, une baisse historique du pouvoir d’achat, de 0,9% en 2012. En cause : l'augmentation des impôts et taxes, une hausse faible des revenus et des prix élevés. Francetv info s’est interrogé sur l’impact que cette baisse peut avoir sur le mode de consommation des Français.

Au revoir les loisirs et les vacances

Quand on doit se serrer la ceinture, il est temps de faire des arbitrages. Alors que les dépenses contraintes, comme le logement ou le transport, pèsent de plus en plus lourd sur leur budget, les Français font des sacrifices dans d’autres domaines.

Les postes de dépense les plus touchés devraient être, en 2013, les loisirs et les vacances, suivis par l’habillement et les soins de beauté, explique le site 60 millions de consommateurs. Ouest France avance le chiffre de 3 millions de Français qui resteront chez eux en 2013, faute de pouvoir se payer des vacances. L’Insee constate également que, même si les dépenses de consommation des ménages sont restées quasi stables au premier trimestre 2013, un repli se profile dans l’hébergement, la restauration et les services de transport. 

Et si la baisse du pouvoir d’achat se poursuit, les Français devront rogner sur l’essentiel. Dans un article datant d'avril, le Figaro.fr indique que "parmi les personnes gagnant moins de 1 500 euros par mois, 91% déclarent avoir déjà profondément modifié leurs habitudes de consommation, réduisant aussi bien leurs dépenses d'alimentation (65,3%) que celles de santé (33,4%)".

Adieu l’épargne

Pour essayer de maintenir leur niveau de vie, certains Français n'hésitent pas à casser leurs tirelires. Le taux d’épargne des ménages a chuté de 16,2%  à 15,6% de 2011 à la fin de 2012, selon le JT de TF1 du 28 mars. Comme souvent dans ces cas-là, "les ménages puisent dans leur bas de laine pour maintenir un minimum de hausse de la consommation", prévenait en 2012 Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas sur Figaro.fr. Ou désormais pour limiter la baisse.

Coucou la consommation alternative

Les produits d'occasion, les achats groupés ou l'échange entre particuliers... Face à la crise et à un pouvoir d’achat en berne, les Français sont de plus en plus nombreux à se tourner vers de nouvelles formes de consommation, démontre une étude de l’Observatoire Cetelem (en PDF) sur les consommateurs européens, publiée en février. D'après celle-ci, la tendance privilégiée par les Français reste les ventes d'occasion : 63% d'entre eux achètent déjà des produits d’occasion sur internet, en brocantes et vide-greniers, et 71% des sondés comptent y avoir encore davantage recours dans les années qui viennent.

Autres alternatives qui ont le vent en poupe : le troc de produits et de services, ainsi que la location et l'achat entre particuliers, qui ont également de beaux jours devant eux, confirme l'étude.

Bonjour tristesse

La crise sans fin pèse aussi sur le moral des citoyens. Selon un sondage Ipsos/CGI pour Publicis publié en avril, les Français sont les champions du pessimisme en Europe. Ainsi, 97% des interrogés hexagonaux pensent que leurs concitoyens voient les choses en noir, contre 94% des Espagnols et 91% des Italiens. Ce regain de pessimisme est directement corrélé à la perception que les Français ont de l'évolution de leur niveau de vie. Ainsi, 72% des sondés pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux, et 85% sont convaincus que la situation en France ne fait que s’aggraver. Les nouvelles données de l’Insee ne calmeront sûrement pas leurs inquiétudes.