Le ministre de l'Industrie et les syndicats ont jugé insuffisante la proposition de l'homme d'affaires turc Alphan Manas

Après un mois de suspense, Alphan Manas n'a proposé de racheter, avec deux partenaires turcs, que 15% du capital de l'équipementier automobile Heuliez.Face au scepticisme que sa proposition soulève, il a appelé mercredi des groupes français à investir à ses côtés dans l'équipementier automobile pour pouvoir le sauver.

Les pouvoirs publics continuent de rechercher des investisseurs pour éviter un dépôt de bilan de la société Heuliez.
Les pouvoirs publics continuent de rechercher des investisseurs pour éviter un dépôt de bilan de la société Heuliez.

Après un mois de suspense, Alphan Manas n'a proposé de racheter, avec deux partenaires turcs, que 15% du capital de l'équipementier automobile Heuliez.

Face au scepticisme que sa proposition soulève, il a appelé mercredi des groupes français à investir à ses côtés dans l'équipementier automobile pour pouvoir le sauver.

"Nous demandons aux investisseurs français, notamment du monde industriel, d'investir dans Heuliez", a déclaré Alphan Manas mercredi soir à l'AFP.

Basé à Cerizay (Deux-Sèvres), Heuliez, en redressement judiciaire, emploie 600 personnes.

La direction de l'équipementier automobile Heuliez a estimé que l'offre de reprise d'Alphan Manas "ne garantissait pas suffisamment la pérennité de l'entreprise, ni le maintien de l'intégralité de son activité sur le sol français".

Les syndicats du constructeur et de l'équipementier automobile Heuliez ont jugé "inacceptable et pas crédible" la proposition faite par Alphan Manas.

L'offre de l'homme d'affaires turc n'a donc pas convaincu. "Nous avons besoin d'étudier d'autres dossiers qui pourraient venir compléter son offre", a commenté le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, qui a jugé l'offre d'Alphan Manas "insuffisante". Selon lui, des "industriels français, américains, allemands ont fait connaître leur intérêt" pour l'équipementier. "Je trouve qu'un nouvel investisseur qui fait une proposition ferme de 10 millions d'euros, de 15% du capital, c'est déjà beaucoup mieux que les garanties qui n'ont pas été respectées" par BKC, premier repreneur d'Heuliez, qui a dû jeter l'éponge faute d'avoir pu réunir les fonds promis, a-t-il toutefois jugé à propos de l'offre d'Alphan Manas.

"Avoir 15% du capital d'Heuliez va laisser la place à d'autres investisseurs, notamment des fonds d'investissement", a expliqué de son côté Alphan Manas dans un communiqué. "Cela va aussi permettre à l'encadrement et aux salariés d'Heuliez de prendre une participation dans l'entreprise."

Un dossier emblématique
La Région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal (PS), a déjà mis 5 millions d'euros à disposition d'Heuliez et le Fonds stratégique d'investissement (FSI), créé l'an dernier pour prendre des participations dans des entreprises, pourrait investir 10 millions d'euros.

De son côté, l'Etat français, "plus que jamais, continue à préserver les 10 millions du FSI, aux côtés des 5 millions d'euros de la région Poitou-Charentes, pour garantir un avenir à Heuliez", a fait valoir Christian Estrosi.

De déception en déception
En difficulté depuis plus d'un an, la PME de Cerizay avait d'abord cru être sauvée en juillet par le cabinet de conseil BKC (Bernard Krief Consulting), dirigé par Louis Petiet, spécialiste de la reprise d'entreprises en difficulté. Il s'est finalement avéré incapable de verser les fonds promis. Les pouvoirs publics s'étaient alors lancés à la recherche de nouveaux investisseurs pour éviter un dépôt de bilan et sauver les emplois d'Heuliez.