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La reprise de l'économie française devrait rester poussive au premier semestre selon l'Institut de la statistique

Deux facteurs sous-tendent ces prévisions. D'une part, la consommation des ménages, principal moteur de la croissance en France, ne devrait pas décoller en raison des faibles gains de pouvoir d'achat.D'autre part, la hausse du chômage devrait continuer d'augmenter au premier semestre 2010, indique l'Insee dans sa note de conjoncture.
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Consommation des ménages en février 2010, évolution sur un an et répartition des dépenses (AFP)

Deux facteurs sous-tendent ces prévisions. D'une part, la consommation des ménages, principal moteur de la croissance en France, ne devrait pas décoller en raison des faibles gains de pouvoir d'achat.

D'autre part, la hausse du chômage devrait continuer d'augmenter au premier semestre 2010, indique l'Insee dans sa note de conjoncture.

Cette augmentation devrait être "moins forte que pendant la récession" selon l'institut qui observe aussi que "la hausse du chômage se modèrerait sensiblement à l'horizon de la mi-2010".

Le taux de chômage, monté à 9,6% de la population active en moyenne métropole au dernier trimestre 2009, progresserait à 9,7% au premier trimestre 2010 puis à 9,8% au deuxième. Avec les Dom, le taux, remonté à 10% fin 2009, passerait à 10,1% au premier trimestre et à 10,2% au deuxième.

Cette hausse devrait être modérée par une progression de la population active, moins forte que ces dernières années (+24.000 personnes au premier semestre 2010). La dégradation de la conjoncture pourrait par ailleurs décourager 2.000 personnes d'entrer ou de rester sur le marché du travail au premier semestre explique l'Insee.

Stabilisation du niveau de l'emploi
Dans les secteurs marchands (hors agriculture), l'emploi salarié continuerait de chuter, à un rythme un peu plus faible, avec 80.500 destructions nettes au premier semestre 2010, après 100.200 au semestre précédent. Résultat: "à la mi-2010, l'emploi dans les secteurs marchands reviendrait à son niveau de début 2001".

Dans l'industrie, qui perd des emplois depuis le début des années 2000, l'hémorragie devrait continuer "à un rythme un peu moins soutenu que fin 2009", avec 63.300 pertes d'emplois au premier semestre après 81.200 au second semestre 2009. L'emploi dans la construction, en recul depuis fin 2008, diminuerait encore (-18.600 postes) mais un peu moins fortement qu'au second semestre 2009 (-26.400 postes).

Dans le tertiaire, où les effectifs ont chuté très rapidement pendant la récession, l'emploi "se stabiliserait (+1.300 postes), après avoir légèrement augmenté au semestre précédent (+7.300)".

Enfin, dans les secteurs non marchands, "l'emploi se stabiliserait après avoir été très dynamique en 2009, parce que le nombre de bénéficiaires de contrats aidés baisserait".

Dans l'ensemble de l'économie, les destructions nettes d'emplois atteindraient 74.200 au premier semestre, deux fois plus élevées qu'au second semestre 2009 mais environ trois fois moins fortes qu'au premier semestre 2009.

Reprise timide

L'Institut national de la statistique, qui tablait précédemment sur une croissance de 0,4% au premier trimestre 2010, s'attend désormais à une hausse du produit intérieur brut (PIB) de seulement 0,2%. Elle maintient en revanche sa prévision de +0,3% au deuxième trimestre.

Si cette prévision se réalisait, il faudrait que le PIB gagne 0,5 à 0,6% sur chacun des deux derniers trimestres de l'année pour atteindre une croissance de 1,4% sur l'ensemble de l'année 2010, comme le gouvernement l'a annoncé.

Un scénario peu probable du fait notamment, du contrecoup de la disparition programmée de la prime à la casse pour les achats d'automobile, un dispositif qui a largement contribué à doper le secteur sans oublier les conséquences de la hausse du chômage que les ménages vont subir de plein fouet.

L'activité ne devrait pas davantage pouvoir compter sur ses autres moteurs. Le pouvoir d'achat devrait très peu progresser (+0,3% au premier semestre 2010). Le commerce extérieur souffrira du ralentissement du commerce mondial et de la demande adressée à la France. Quant à l'investissement des entreprises, il ne connaît qu'un redémarrage hésitant après avoir plongé de 7,7% en 2009.

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