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La réponse de François Hollande à Arnaud Montebourg

François Hollande a emboîté le pas à Martine Aubry pour répondre à la lettre du "troisième homme" de la primaire PS, Arnaud Montebourg.
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France Télévisions
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François Hollande a emboîté le pas à Martine Aubry pour répondre à la lettre du "troisième homme" de la primaire PS, Arnaud Montebourg.

Longue de 10 pages et débutant par un "Cher Arnaud", la réponse de François Hollande rendue publique jeudi aborde les trois points essentiels pointés par le député de Saône-et-Loire.

Le contrôle politique du système financier

"Je veux d'abord te dire mon accord sur la nécéssité de reprendre le contrôle politique du système financier", affirme François Hollande. "Je veux faire en 2012 la réforme du fonctionnement des marchés financiers qui a été abandonnée en chemin par Nicolas Sarkozy".

Le député de Corrèze déroule une partie de son programme dans sa lettre et appuie sur ses points communs avec Arnaud Montebourg : "Comme toi, je considère que ce sont les responsables de la crise actuelle, c'est-à-dire les banques et le système financier, qui doivent en assumer les conséquences et non les contribuables".

Afin de "changer les règles du jeu de la finance mondiale", François Hollande fait trois propositions : "interdire les pratiques de marché sans rapport direct avec l'économie réelle", "en finir avec la rente dont bénéficient actuellement les activités financières" et "doter les autorités de régulation de vrais pouvoirs".

En outre, pour le favori des sondages, les délocalisations doivent être "dissuadées par une taxation sur les licenciements et par le remboursement des éventuelles aides publiques et l'intervention du juge en urgence".

Les deux hommes se rejoignent par ailleurs en matière de lutte contre l'évasion fiscale : "Dernier point qui, je le sais, te tient à coeur depuis longtemps : il est temps de mettre en place une procédure pénale visant l'évasion fiscale".

Le protectionnisme européen social et écologique

Sur le sujet au coeur du discours d'Arnaud Montebourg, la mondialisation, François Hollande partage le même constat : "La France qui souffre doit être protégée des excès de la mondialisation". Cependant, il nuance en affirmant préférer à la démondialisation (concept défendu par Arnaud Montebourg, ndlr) la lutte contre ses "excès" et prône une "régulation juste des échanges".

Il lui tend la main en lui proposant de "chercher ensemble les moyens d'une protection moins naïve" et se dit convaincu qu'"entre le libre-échange idéologique que nous connaissons et le repli protectionniste dont nous ne voulons pas, une politique commerciale européenne réaliste est possible".

La VIe République

Sur les "sujets démocratiques et institutionnels, nos pensées convergent", "plusieurs thèmes que tu évoques reçoivent chez moi un écho favorable", note François Hollande.

Soucieux de "mettre la morale au coeur de (son) action de président, il s'engage à réformer le statut pénal du chef de l'Etat mais aussi de ses conseillers" et à faire voter "une loi pour moraliser le financement de la vie politique".

Quant aux points de divergence avec Arnaud Montebourg, François Hollande les assume : "Ces différences existent aujourd'hui et existeront sans doute demain encore [...] je ne te demanderai pas de te renier si tu décides de me soutenir, et je ne me renierai jamais non plus."

L'ancien premier secrétaire du PS conclut par un message clair : "Je compte sur toi dans le grand rassemblement qui permettra à la gauche de gagner en 2012".

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