La menace du "plan B" de restructuration d’Air France pèse sur 2.900 salariés (syndicats)

Air France va mettre en œuvre un plan de restructuration qui pourrait se traduire par la suppression d’environ 3.000 emplois et la réduction d'un certain nombre de lignes, annoncent les syndicats. Conséquence du rejet du "plan A" par les pilotes du SNPL, selon la direction. La porte des négociations n’a jamais été vraiment ouverte, rétorque ce dernier qui se dit toujours "prêt à discuter".

(La direction d'Air France a présenté vendredi en conseil d'administration un scénario prévoyant le retrait de quatorze avions d'ici à fin 2017 et la fermeture de cinq lignes sur le réseau long-courrier (sources syndicales) © Maxppp)

C'est une décision du conseil d'administration d'Air France-KLM, réuni jeudi à Amsterdam. La direction d'Air France estime être contrainte de mettre en œuvre ce "plan B" après que le syndicat de pilotes SNPL a refusé d'accepter le plan Perform 2020, qui prévoyait plus d'heures de travail à salaire égal. Une version que réfute le président du SNPL, pour qui il n’y a jamais eu de réelle négociation : "Nous n’avons jamais quitté la table des négociations. On a été surpris mercredi soir, à l’issue de l’ultimatum qui a avait été posé, d’entendre la direction d’Air France dire que les négociations étaient closes et que le plan B allait être mis en œuvre… Ça n’a aucun sens ", explique Philippe Evain au micro France Inter de Maxime Debs, dénonçant "une parodie de négociation ".

 

"Nous, nous sommes toujours prêts à discuter. Nous avons déjà fait un ensemble de propositions qui sont là pour répondre à une des problématiques d’Air France. Mais il faut un dialogue social et des interlocuteurs qui aient vraiment envie d’aboutir ", poursuit-il.

Le recours à des départs contraints envisagé

En attendant, la direction d’Air France a donc décidé de serrer la ceinture de l’entreprise, en envisageant la fermeture d’une dizaine de lignes sur le long courrier, en retardant l’arrivée de nouveaux avions dans sa flotte et en mettant en œuvre un plan social d’envergure, rapportent les syndicats.

 

Selon leurs représentants, 2.900 emplois sont menacés de disparition en 2016 et 2017, dont 3.00 postes de pilotes, 700 postes d’hôtesses et stewards et 1.900 personnels au sol.  La direction n’exclurait pas non plus de recourir à des départs contraints, ce qui serait une première dans l'histoire de l'ex-compagnie nationale.

 

Le PDG d'Air France-KLM Alexandre de Juniac n’a pas démenti cette dernière information mais assuré vouloir "privilégier les départs volontaires " et recourir de façon "exceptionnelle " et "en dernier recours " à des licenciements. Alexandre de Juniac s'est également dit ouvert à de nouvelles négociations avec les pilotes à condition "qu'ils arrivent avec une vraie volonté de discuter ".

Le "plan B" envisagé par Air France expliqué par Isabelle Raymond. Elle répond à Gilles Halais
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Vendredi après-midi, il a reçu le soutien du ministre de l'Economie. Le gouvernement "appuie " la direction d'Air France pour réformer la compagnie aérienne, a indiqué Emmanuel Macron, en appelant les syndicats, notamment de pilotes, à "prendre leurs responsabilités ". 

"*Je souhaite que les prochaines semaines et les prochains mois puissent conduire l'ensemble des partenaires sociaux, et en particulier les syndicats de pilotes, à revenir à la table des négociations avec des propositions qui permettront de retrouver

la compétitivité du groupe* ", a déclaré Emmanuel Macron à l'issue d'un entretien avec le PDG d'Air France-KLM.

Le ministre de l'Economie qui, tout en soutenant la voie des réformes, a dit préférer que l'accent soit mis sur la compétitivité plutôt que la réduction de l'activité.

Ecoutez l'appel d'Emmanuel Macron aux partenaires sociaux dans le dossier Air France.
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Le PDG d’Air France, Frédéric Gagey, sera l’invité "éco" de Jean Leymarie à 18h45.