La fin du "coup de pouce vélo" : la prime qui a permis de financer 1,9 million de réparations de vélos s'arrête mercredi

Le dispositif d'aide de l'État pour favoriser l'usage du vélo et notamment le réparer prend fin mercredi. Il a profité notamment aux réparateurs, dont l'activité est en plein essor.

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Un employé travaille dans un atelier de réparation de vélos à Lille, le 14 septembre 2020. Photo d'illustration. (DENIS CHARLET / AFP)

"Ça fait ressortir beaucoup de vieux vélos français qui étaient dans les caves parisiennes", indique Slimane Djadane, co-gérant depuis trois ans de Villovélo, un petit magasin de vente et de réparation dans le 18e arrondissement de Paris. Lancé en mai 2020, le dispositif "coup de pouce vélo" prend fin mercredi 31 mars. Il prévoyait notamment une aide de l'État de 50 euros pour réparer son vélo, et a permis de financer 1,9 million de réparations au total selon le ministère de la Transition écologique.

La mesure a aussi évidemment profité aux réparateurs, dont l'activité est en plein essor. Ce gérant a vu défiler les clients, comme Ludivine et son vélo orange d'un autre temps. "Il est un peu vieux, reconnaît-elle. Il y a pas mal de choses à réparer. Je pense qu’entre le coup de pouce, plus ce que je vais donner de ma poche, c’est pratiquement le prix du vélo." Le prix ? Peu importe pour Laura qui est venue récupérer un Peugeot bleu des années 1970 auquel elle tient beaucoup. "Ce sont des vélos vintage en fait. Et surtout, ils sont petits ! Je suis toute petite et j'ai besoin d'un petit vélo", explique la Parisienne. Et son vélo a presque été remis à neuf ! "On a remplacé la dynamo, le pneu, la chambre à air et on vous a refait les patins de frein", énumère Slimane Djadane.

À Villovélo, un magasin de vente et de réparation dans le 18e arrondissement de Paris. (RAPHAEL EBENSTEIN / RADIO FRANCE)

Côté tarifs, tout dépend évidemment des pièces à changer ou à réparer. "Il y a beaucoup de crevaisons et beaucoup de roues qui s’abîment, explique le réparateur. Il faut changer une roue, surtout la roue arrière, c’est déjà des réparations qui sont assez coûteuses. Ce qui reste raisonnable, c'est le frein où en général on change les patins et le câble, mais le plus cher reste une roue arrière complète."

"Il y aura obligatoirement moins d'activité"

Tout cela suppose un bon approvisionnement en pièces, c'est un peu le nerf de la guerre. Mais comme la production se fait à 90% en Asie, les délais de livraison ont explosé depuis la crise sanitaire, constate Didier Chalibert, le grossiste qui fournit Villovélo : "Il y a carrément entre 15 et 25 semaines de délai sur certaines pièces Jusqu'à maintenant, j'ai réussi à dépanner pas mal de mes clients, mais on va arriver dans un moment difficile."

Quant à la fin du "coup de pouce" de 50 euros, Slimane Djadane l'appréhende forcément un peu, lui qui a rempli 500 formulaires de demandes en moins d'un an : "Il y aura obligatoirement moins d'activité parce que beaucoup de gens ont voulu profiter et ont sorti des vieux vélos, d'autres en ont profité pour faire des réparations." Une activité malgré tout suffisante pour motiver de futurs concurrents. Le secteur de la réparation de vélos figure en effet parmi les plus recherchés pour les reconversions professionnelles.

Au total, 1 387 368 Français ont bénéficié de cette aide, chez 4 371 réparateurs différents, pour un montant total de près de 109 millions d’euros, selon les chiffres de la Fédération française des usagers de bicyclette (FUB).

Réparation de vélos, la fin du coup de pouce : reportage de Raphaël Ebenstein
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