"Coup de pouce vélo" pour 1,5 million de bénéficiaires : "Cela prouve que la demande est énorme", réagit le Club des villes et territoires cyclables

La ministre de la Transition écologique et solidaire a confirmé sur franceinfo mardi la prolongation du dispositif jusqu'au 31 mars. Le président du CVTC suggère d'aller au delà pour soutenir la filière vente et construction de vélos.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Un réparateur de vélo partenaire du dispositif "coup de pouce vélo", à La Rochelle, en mai 2020.  (JULIEN FLEURY / FRANCE-BLEU LA ROCHELLE)

Le "coup de pouce vélo", lancé en mai 2020 par le gouvernement pour encourager la pratique de la bicyclette, a bénéficié à un million et demi de personnes, a indiqué mardi 2 mars la ministre de la Transition écologique et solidaire. Barbara Pompili a confirmé sur franceinfo que l'aide était prolongée jusqu'au 31 mars. Cette aide permet notamment une prise en charge jusqu'à 50 euros de la remise en état d'un vélo.

"Cela prouve qu'il y a une demande qui est énorme", a réagi sur franceinfo Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables (CVTC). Il souligne que cette aide "est plus raisonnable pour les finances publiques" que les aides à la filière automobile. 

franceinfo : Le coup de pouce vélo a-t-il été un moteur de l'engouement pour le vélo ?

Pierre Serne : Oui. Très franchement oui. Quand on a lancé l'idée avec la Fub, la Fédération des usagers de la bicyclette, il y a bientôt un an, on était persuadés qu'il y avait un vrai gisement de vélos qui n'attendait que ça et de gens qui en avaient envie. On n'aurait peut-être pas parié sur un million et demi de personnes bénéficiaires. Cela prouve qu'il y a une demande qui est énorme. Finalement, ce n'est pas si compliqué de basculer vers la pratique du vélo au quotidien. Par ailleurs, cela ne coûte pas énormément. Un coup de pouce de 50 euros multiplié par un million et demi de personnes, on est à 75 millions d'euros. C'est beaucoup. Mais comparé aux milliards qui sont injectés dans la filière automobile, ou la filière aéronautique, avec les politiques du vélo, on est sur quelque chose qui est beaucoup plus raisonnable pour les finances publiques.

Est-ce qu'il ne faudrait pas le prolonger encore plus ?

Si vous me le demandez, évidemment oui. On a réussi à obtenir des allongements jusqu'au 31 mars. Ce serait un beau signal. Surtout qu'on arrive aux beaux jours. Il va forcément y avoir une remontée encore de la pratique du vélo. Il y a forcément encore des gens qui ont des vélos à faire réparer. Et donc, franchement, ce serait beau un signal, de la même manière que ce serait un beau signal de mettre un peu plus de vélo dans la loi Climat qui en manque cruellement en ce moment.

J'ai entendu les propos de Barbara Pompili, la ministre. Si tout le monde est si enthousiaste, après tout, pourquoi ne pas continuer ? Ce n'est pas extrêmement coûteux.

Pierre Serne

à franceinfo

Parfois, les collectivités rajoutent aux 50 euros. Et par ailleurs, cela développe la filière économique du vélo, parce que derrière, ce sont des réparateurs qui ont embauché. C'est une f". On se plaint souvent qu'il y a une désindustrialisation de la France. Là, les cycles Mercier, qui est une marque française, ont relocalisé une usine dans les Ardennes pour fabriquer des vélos. C'est aussi bon pour l'économie. Et franchement, en ce moment, je pense que ce n'est pas du luxe.

Les municipalités ont-elles suivi en terme d'infrastructures ?

Beaucoup ont suivi. De plus en plus suivent, y compris des municipalités qui n'étaient pas du tout des municipalités habituées à faire des aménagements cyclables. C'est ça qui est très intéressant.

On a vu vraiment basculer dans la création d'aménagements cyclables, des collectivités qu'on n'attendait pas, dans le milieu périurbain, dans le rural. Et ça, c'est très intéressant.

Pierre Serne

à franceinfo

Après, il ne suffit pas de claquer dans ses doigts pour faire un plan vélo, pour faire des pistes cyclables qui soient utiles pour les cyclistes. Il faut qu'elles soient continues. Et quand vous traversez deux, trois, quatre collectivités, il faut que ces collectivités s'entendent pour que les pistes soient en continuité. Il faut bien sécuriser la piste, les carrefours. Et il ne faut pas que ça vienne gêner, par exemple, une ligne d'autobus. Donc, ça se travaille. Ça prend parfois un peu de temps. Et puis, il faut des moyens. Les pistes temporaires pouvaient se faire rapidement, avec relativement peu de moyens. Il y a eu des centaines de kilomètres de pistes transitoires qui ont été créées en même temps quand on lançait le coup de pouce vélo. Maintenant, on passe à la phase où on les transforme en pistes cyclables durables.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.