Tablettes, wifi, cobots... On a visité l'usine 4.0 du constructeur Renault à Cléon en Seine-Maritime

Le constructeur automobile Renault a lancé sa première usine 4.0 en France. Présentée comme l'usine pilote du groupe, elle est située à Cléon, en Seine-Maritime.

L\'usine pilote du groupe Renault, en juin 2017, à Cléon, en Seine-Maritime.
L'usine pilote du groupe Renault, en juin 2017, à Cléon, en Seine-Maritime. (ISABELLE RAYMOND / FRANCEINFO)

Elle est présentée comme l'usine pilote du groupe Renault en France : l'usine de Cléon, en Seine-Maritime, est à l'avant-garde de ce qu'imagine le constructeur automobile tricolore pour l'avenir de ses sites en France.

Le wifi dans l'usine

Dans l'usine de fabrication de moteurs et de boîtes de vitesses, les chefs d'ateliers se déplacent avec une tablette à la main. Les ouvriers peuvent vérifier la production en cours sur de grands écrans. "Avant, c'étaient des feuilles qu'on imprimait et qui étaient situées sur un panneau d'affichage traditionnel avec des post-it ou des imprimantes, raconte Hervé Vigier, chef d'exploitation sur le périmètre usinage. On est en relation directe entre les opérateurs et notre réseau informatique et ils sont actualisés régulièrement."

On a réduit la non-valeur ajoutée parce qu'on est sur des écrans tactiles.Hervé Vigier, chef d'exploitation sur le périmètre usinageà franceinfo

Au bout du compte, un gain de temps d'une heure et demie par jour et par manager, selon la direction du site. Cette avancée est rendue possible par l'installation du wifi dans cet atelier. Ce sera le cas sur les 50 hectares de bâtiments d'ici la fin de l'année.

Les "cobots", spécialistes de l'industrie

Autre exemple de cette usine 4.0 : la multiplication de robots d'un nouveau genre. On les appelle les "cobots". "Ici, vous avez un robot collaboratif qui colle une étiquette, indique Benoît Cousset, chef du département assemblage. Le collage d'étiquette est assez précis puisqu'il doit être toujours au même endroit. Vous voyez, le robot prend l'étiquette suivant la diversité du moteur et vient la coller." Il n'y avait qu'un seul robot de ce type sur le site il y a cinq ans, contre 60 aujourd'hui.

Dans l\'usine 4.0 de Renault à Cléon, en Seine-Maritime, en juin 2017.
Dans l'usine 4.0 de Renault à Cléon, en Seine-Maritime, en juin 2017. (ISABELLE RAYMOND / FRANCEINFO)

"Ces robots-là, je peux les installer pendant que je produis. Deuxième chose : je les dédie uniquement aux tâches à faible valeur ajoutée, indique Benoît Cousset. C'est-à-dire que je peux concentrer mes opérateurs sur des vissages complexes, sur lesquels on a besoin d'avoir une interaction importante, une connaissance, et où quand une vis est peu accessible je peux amener un opérateur." Des opérateurs sont donc désormais dédiés à des "tâches nobles", défend le manager.

"Cela amène du travail"

Les robots n'ont pas remplacé les ouvriers de production, si l'on en croit la direction. "Quand vous dites qu'il n'y a plus personne, cela fait au total plus d'emplois puisque je rappelle que cette usine est quand même passée de 3 000 à 5 300 personnes et que la performance, au contraire, amène du travail. On a doublé notre volume depuis trois ans. On est sortis de crise mais en même temps on a doublé. On alimente 39 usines, 10 partenaires", rappelle le directeur de l'usine de Cléon, Paul Carvalho.

La performance ne tue pas l'emploi, au contraire, elle le développe et elle le maintient.Paul Carvalho, le directeur de l'usine Renault de Cléonà franceinfo

Prochaine étape pour Renault : la généralisation de cette numérisation sur tous les sites industriels du constructeur en France. Cela commence par la mise en place du wifi dans toutes les usines, attendue d'ici un an.