Huile de palme : des multinationales accusées de profiter du travail des enfants

Amnesty International publie un rapport sur les multiples infractions entachant la production d'huile de palme en Indonésie.

Une plantation de palmiers à huile dans la province de Sumatra occidental, en Indonésie, le 4 septembre 2016.
Une plantation de palmiers à huile dans la province de Sumatra occidental, en Indonésie, le 4 septembre 2016. (DONAL HUSNI / NURPHOTO / AFP)

Colgate, Nestlé et Unilever... Amnesty International dénonce, dans un rapport publié mercredi 30 novembre, les conditions de production de l'huile de palme et "des abus en matière de travail derrière des grandes marques". Selon l'enquête de l'ONG, des multinationales commercialisent des produits contenant de l'huile de palme dont la production est entachée de multiples infractions. En particulier l'exploitation d'enfants dans des plantations en Indonésie.

Le rapport s'appuie sur des investigations effectuées dans des plantations de palmiers à huile en Indonésie, appartenant au géant singapourien des matières premières agricoles Wilmar. L'ONG indique s'être entretenue avec 120 travailleurs employés par deux filiales et trois fournisseurs de cette société, à Kalimantan et Sumatra, deux régions d'Indonésie qui produisent de grandes quantités de cette huile végétale.

Sacs de 25 kilos et pesticides

Parmi les abus constatés par Amnesty, des enfants âgés de 8 à 14 ans transportent des sacs pesant de 12 à 25 kilos et travaillent sans équipements de protection dans des plantations où des pesticides toxiques sont utilisés. Certains quittent l'école pour tout ou partie de la journée afin d'aider leurs parents dans les plantations, ajoute l'ONG. Des femmes déclarent être contraintes de travailler pendant de longues heures sous la menace de réduction de salaire. Et elles seraient payées moins que le salaire minimum, gagnant seulement 2,50 dollars (2,30 euros) par jour dans les cas extrêmes.

Wilmar a reconnu qu'il y avait des problèmes concernant la main-d'œuvre dans ses opérations. Mais d'autres sociétés contactées par Amnesty ont nié toute violation, indique l'ONG. L'Indonésie dispose pourtant d'une législation stricte selon laquelle "la plupart de ces abus peuvent constituer des délits". Mais, dénonce l'ONG, les textes de loi sont "peu appliqués" dans ce pays d'Asie du Sud-Est.

La réponse de Nestlé

De son côté, Nestlé France a réagi dans un communiqué mercredi, affirmant que de telles pratiques "n'ont pas leur place dans (sa) chaîne d'approvisionnement". Le groupe tient à souligner que l'entreprise incriminée, Wilmar, "fournit environ 10% de l'huile de palme totale" utilisée par Nestlé, qui "travaille en étroite collaboration avec l'entreprise pour améliorer la traçabilité."