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Alstom va fermer son site de production de trains historique à Belfort d'ici 2018

Selon la direction, "tous les salariés recevront, s'ils le souhaitent, une proposition de transfert vers des sites d'Alstom en France d'ici 2018".

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Des locaux de l'usine Alstom, à Belfort, mercredi 7 septembre 2016.  (SEBASTIEN BOZON / AFP)

C'est la fin d'une histoire démarrée en 1879. Le constructeur ferroviaire français Alstom annonce que la production de trains de son usine de Belfort (Territoire de Belfort) sera "transférée" à Reichshoffen (Bas-Rhin) d'ici 2018, révèle France Bleu Belfort-Montbéliard.

Pourquoi cette décision ?

Installée depuis 1879 à Belfort, l'entreprise y a produit sa première locomotive à vapeur en 1880, avant de se développer également dans les turbines et l'énergie, une activité cédée à l'américain General Electric fin 2015. Un an plus tôt, en décembre 2014, les syndicats alertaient déjà sur des menaces de suppressions de postes dans la branche transports à Belfort. Or, le carnet de commandes du groupe ne s'est pas rempli depuis, Alstom voyant même lui passer sous le nez un récent contrat de 44 locomotives diesel, achetées à son concurrent allemand Vossloh par Akiem, filiale de la SNCF et de la Deutsche Bank.

Pour justifier cette décision, la direction du groupe a mis en avant une baisse globale des commandes. "La charge [de travail] va baisser de 30% d'ici 2018 en raison de la baisse des commandes et des projets d'investissements", a rappelé le porte-parole de l'entreprise, ajoutant que Belfort était le site le plus touché en raison de sa spécialisation dans la production de locomotives de fret.

 "La direction d'Alstom a partagé un projet qui vise à recentrer [les] activités [du site historique de Belfort] exclusivement sur le service", c'est à dire la maintenance, précise le groupe. Le constructeur ferroviaire explique qu'il "se devait d'adapter son outil industriel pour ne pas mettre l'ensemble des sites à risque""Les activités d'ingénierie et de production seront progressivement, sur une période de deux ans, transférées vers le site de Reichshoffen", dans le Bas-Rhin, annonce le groupe.

Qu'est-ce qui attend les salariés de Belfort ?

L'activité du site de Belfort sera recentrée sur la maintenance et la réparation. Selon la direction, les 400 salariés concernés par cette fermeture "recevront, s'ils le souhaitent, une proposition de transfert vers des sites d'Alstom en France d'ici 2018". 

Mais les syndicats ne le voient pas de cet œil. "Cette annonce signifie pour nous la fermeture ni plus ni moins de Belfort", a déclaré à l'AFP Olivier Kohler, délégué CFDT du site. Selon lui, sur les 480 salariés actuels, seuls les 50 affectés à la maintenance des trains resteront sur place.

Et les autres sites d'Alstom en France ?

L'usine de Belfort n'avait plus que quelques locomotives à fabriquer pour la SNCF et l'Azerbaïdjan jusqu'en 2018, puis pour la Suisse jusqu'en 2021.

Celle de Reichshoffen (1 000 salariés à ce jour), où sont assemblés les trains régionaux, n'a pas beaucoup plus de visibilité. La commande de 30 nouveaux trains Intercités promise en février par le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, n'a ainsi toujours pas été concrétisée.

Quant au site de Valenciennes, dans le Nord (1 250 salariés), où Alstom construit ses métros et trains de banlieue, il est suspendu au choix de la SNCF et du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) pour leur RER "nouvelle génération", attendu à l'automne.

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