La taxe d'habitation pourrait être maintenue pour les 20% les plus riches, d'après Bruno Le Maire

S'il est voté après le grand débat national, le maintien d'une partie de la taxe d'habitation devra encore être validé par le Conseil constitutionnel.

Le ministre de l\'Economie, Bruno Le Maire, à l\'Elysée, le 12 décembre 2018.
Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, à l'Elysée, le 12 décembre 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

La fin d'une promesse de campagne ? La taxe d'habitation, qui doit être supprimée progressivement pour tous les ménages d'ici 2021, pourrait finalement ne pas totalement disparaître. "On peut très bien demander aux Français s'il est légitime de la supprimer pour les 20% les plus riches", a assuré Bruno Le Maire, dimanche 6 janvier, dans le "Grand Rendez-vous" sur Europe 1.

Un signe envers les "gilets jaunes", à qui l'exécutif refuse le rétablissement de l'impôt sur la fortune ? "Si nous répondons non à chacune des demandes des Français, si nous ne sommes pas capables d’écouter la demande de justice qui s’exprime partout en France, nous ne réussirons pas le débat", a ainsi justifié Bruno Le Maire, à l'approche de la consultation nationale lancée par l'exécutif en réponse aux "gilets jaunes".

S'il est voté, le maintien d'une partie de la taxe d'habitation devra encore être validé par le Conseil constitutionnel, qui dans son avis sur le projet de finances 2018 avait prévenu qu'il serait vigilant à "la façon dont sera traitée la situation des contribables restant assujettis à la taxe d'habitation dans le cadre d'une réforme annoncée de la fiscalité locale".

Soutiens dans la majorité

En attendant, sa proposition a trouvé écho chez ses collègues de la majorité. Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin s'est ainsi montré plutôt favorable, lundi sur RTLà ce que les Français ayant "de gros revenus et de grosses habitations" continuent de s'acquitter du versement de la taxe d'habitation. La possibilité "est sur la table", a confirmé sur France Inter le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

De son côté, le président de La République en marche, Stanislas Guerini, a estimé sur CNews que le ministre de l'Economie avait "raison" lorsqu'il se dit ouvert au débat. Car "si on ferme toutes les portes à toutes les réflexions qu'on peut avoir, alors on ferme le grand débat", a estimé Stanislas Guerini.