Vidéo Mal-logement à Marseille : en douze ans, il n'a connu que des appartements insalubres, voire dangereux

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"Envoyé spécial" a enquêté sur les ravages du mal-logement à Marseille
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France Télévisions

Fin 2018, l'effondrement de deux immeubles au cœur de Marseille a révélé l'ampleur du mal-logement dans la deuxième ville de France. Pour les plus modestes, y trouver un appartement décent s'avère très difficile. Ce père de famille élève deux fillettes dans un rez-de-chaussée insalubre, mais dans son quartier, il n'a pas le choix : les trois quarts des habitations sont considérées comme indignes. Extrait d'une enquête d'"Envoyé spécial".

Quand deux immeubles se sont effondrés en plein centre-ville le 5 novembre 2018, laissant huit morts sous les décombres, Marseille a découvert l'ampleur du mal-logement. Dans ces vieux quartiers autour de la rue d'Aubagne, les immeubles qui datent parfois du XVIIIe siècle sont souvent mal entretenus – par manque de moyens ou par négligence de leurs propriétaires. A la suite de la catastrophe, plus de 500 arrêtés de péril ont été pris par la mairie, et 5 000 habitants délogés. Une crise humanitaire dans la deuxième ville de France...

Deux ans et demi après le drame, malgré une nouvelle équipe municipale qui a fait du logement sa priorité, les taudis sont encore nombreux au cœur de Marseille. Abdallah, arrivé des Comores il y a douze ans, n'y a connu que des logements insalubres, voire dangereux. Son quartier, la Belle de Mai, un ancien faubourg ouvrier à deux pas de la gare Saint-Charles et du Vieux-Port, est l'un des plus pauvres de France, et des plus délabrés. Ici, les trois quarts des habitations sont considérées comme indignes. 

600 euros de loyer pour 45 m2 infestés de rats et de souris

Une équipe d'"Envoyé spécial" a suivi ce père de famille qui élève ses deux fillettes entre des murs rongés par l'humidité, dans 45 mètres carrés infestés de rats et de souris. Les radiateurs inutilisables font disjoncter l'installation électrique, un lavabo est bouché depuis son arrivée, et les fenêtres si vétustes qu'elles ne sont plus étanches... Il a contacté une association pour tenter de décider sa propriétaire, qui possède plusieurs appartements dans le quartier, à engager les travaux indispensables.

Pour cet appartement, il paye 600 euros de loyer, trois fois plus que le tarif du logement social auquel il aurait pourtant droit. Mais les Marseillais les plus modestes n'ont pas le choix : les logements sociaux manquent, et pour eux, trouver un toit décent en centre-ville s'avère souvent impossible.

Extrait de "A Marseille, dans les taudis du centre-ville", une enquête à voir dans "Envoyé spécial" le 17 juin 2021.

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