Sans-abri : "On n'oubliera pas que le président a dit qu'il n'y aurait plus personne à la rue"

Jean-Baptiste Eyraud, président de l'association Droit au Logement, invité de franceinfo lundi, a dénoncé les "trois millions de logements inoccupés", alors que 140 000 personnes sont sans-abri en France. 

Deux sans-abri dorment sur des carton, dans le centre-ville de Colmar (Haut-Rhin), le 8 décembre 2017.
Deux sans-abri dorment sur des carton, dans le centre-ville de Colmar (Haut-Rhin), le 8 décembre 2017. (MAXPPP)

L’association Droit au Logement (DAL) organise lundi 25 décembre un "Noël des sans-logis, des mal-logés et des locataires" à Paris. "C'est un peu un Noël de combat", a déclaré sur franceinfo le président du DAL, Jean-Baptiste Eyraud. "On n'oubliera pas que le président de la République a dit qu'il n'y aurait plus personne cet hiver à la rue. On ne manquera pas de lui rappeler", a-t-il indiqué, faisant référence aux déclarations faites en juillet 2017 par Emmanuel Macron.

Pour Jean-Baptiste Eyraud, "c'est la solidarité nationale qui peut amener à changer et permettre que chaque personne soit logée dignement, comme le prévoit la loi". Il estime que la loi Dalo "fonctionne dès lors que les personnes en difficulté saisissent la commission", mais qu'elle est "très mal appliquée" en Ile-de-France et à Marseille. Des commissions départementales, qui déterminent si les personnes sont éligibles à un relogement, "prennent leurs libertés, qui serrent les boulons, qui appliquent des critères illégaux qui ne sont pas prévus dans la loi", selon Jean-Baptiste Eyraud.

Contre le bail mobilité

Le porte-parole du DAL a rappelé qu'il y avait 140 000 sans-abri en France. "On voit des femmes, des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées, qui dorment sur les trottoirs. Tout le monde sait que quand on est dans la rue, on meurt à petit feu. C'est une politique criminelle. Alors que par ailleurs, on a près de trois millions de logements inoccupés, des milliers de places dans des ailes d'hôpitaux qui sont vacantes et chauffées, des locaux publics qui pourraient être tout de suite ouverts et réquisitionnés", a insisté Jean-Baptiste Eyraud.

Il considère qu'il y a "deux France, aujourd'hui". D'un côté, "la France de ceux qui festoient et qui n'ont jamais gagné autant d'argent", celle du milieu de l'immobilier, de la majorité parlementaire, et de l'autre, notamment, "la France des jeunes qui n'arrive pas à se loger" qui va "subir le bail mobilité" : "On signe un contrat d'un mois et après il faut laisser la place à Airbnb".