Rapport sur le mal-logement : "Cette année, on va produire à peu près 109 000 logements sociaux", annonce Julien Denormandie

Le ministre chargé de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, a expliqué, vendredi sur franceinfo, que le gouvernement s'engager pour lutter contre l'habitat indigne.

Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, vendredi 1er février 2019.
Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, vendredi 1er février 2019. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)

La fondation Abbé-Pierre a publié, vendredi 1er février, son 24e rapport sur le mal-logement en France. Elle pointe le double discours du gouvernement sur le logement social. Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, était l'invité de franceinfo, vendredi matin.

franceinfo : Quatre millions de Français sont en situation d'urgence face au logement. Pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à faire baisser ce chiffre ?

Julien Denormandie : Parce que la situation est très compliquée. Au moment où je vous parle, on construit autant de logements qu'au début des années 80, alors qu'on est sur des années de très forte construction. Depuis, ce sont 13 millions de concitoyens que nous avons en plus avec des modifications dans notre société comme l'augmentation des divorces. Il faut donc prendre le problème à bras le corps. Il faut construire plus là où c'est nécessaire. Et puis, il y a ce fléau des habitats insalubres, indignes. On a vu ce qu'il s'est passé à Marseille, rue d'Aubagne, où il y a eu huit morts. Cela rappelle qu'il y a une urgence à aller encore plus vite dans la lutte contre l'habitat indigne.

Pourtant, la fondation Abbé-Pierre vous accuse de tenir un double discours : d'un côté le logement érigé en priorité, de l'autre des coupes dans les budgets des organismes HLM.

Le rapport n'est pas tendre avec la politique fiscale du gouvernement. Ce rapport met en avant d'autres points où il salue aussi cette action du gouvernement. On vient de recevoir les chiffres, cette année, en matière de logements sociaux, on va produire à peu près 109 000 logements sociaux. L'année dernière, c'était 113 000. La chose positive est que l'on produit plus de logements très sociaux, nécessaires pour ces personnes qui ont besoin de cet accompagnement.

Parmi les propositions de la fondation Abbé-Pierre, prendre aux riches pour donner aux pauvres en instaurant une sorte de taxe Tobin sur les ventes de logements de luxe. Est-ce que vous y êtes favorable ?

Je ne suis pas favorable à une augmentation de taxation sur les logements parce qu'à la fin, ça tire tous les prix vers le haut. Par contre, ce que je retiens de ce rapport de la fondation Abbé-Pierre, c'est que l'association salue l'accompagnement qu'on peut faire aux plus démunis, celles et ceux qui vivent dans la rue. Au moment où je vous parle, ce sont 150 000 personnes que l'Etat - avec les associations - accompagne pour les sortir de l'hébergement d'urgence. Par exemple, les locaux de mon ancien ministère que j'ai quitté il y a trois mois - un hôtel particulier en plein 7e arrondissement : aujourd'hui, je le transforme pour en faire un accueil pour les sans-abri. Ce sont aussi ces actes-là qui montrent que la détermination est un instant de tous les jours et qu'il faut continuer avec beaucoup de force.