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"Beaucoup plus de monde, pas assez de place" : avec le froid, le 115 de Paris gère 1 200 appels par jour

La chute des températures début janvier provoque une hausse importante des demandes d'hébergement d'urgence. franceinfo s'est rendu sur le plateau téléphonique du 115, à Paris, qui tente de venir en aide au plus grand nombre.

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Radio France
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Le Samu social, en intervention dans les Hauts-de-Seine, en 2014 (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Il est 18 heures à la plateforme téléphonique du 115 à Paris. "Là, il nous reste cinquante places disponibles pour la nuit", confie Laura Charrier, la directrice adjointe de la régulation au Samu social de la capitale. Alors que les températures ont fortement chuté en ce début d'année 2017, les 12 000 mises à l'abri quotidiennes dans les hôtels ne suffisent pas. Le plateau du 115, qui gère 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 les demandes d'hébergement d'urgence, reçoit 1 200 appels par jour.

Les places d'hébergement supplémentaires se font attendre

"Beaucoup plus de monde, pas assez de place", commente Gaële, fataliste. Voilà trois ans qu'elle assure la permanence téléphonique au 115 de Paris. "En sept heures de travail, je reçois en ce moment 60 à 80 appels", explique-t-elle. La situation n'est pas toujours facile à vivre en période hivernale, quand les places se font rares. "Mais si on part du principe qu'on est là pour informer, pour orienter, pour donner aux gens le plus de pistes possibles pour sortir de cette période difficile, alors notre travail est super important", confie Gaële entre deux sonneries de téléphone..

Si on arrive le matin en se disant qu'on va héberger toutes les personnes qui demandent de l'aide, on tombe rapidement en dépression sévère

Gaële, sur le plateau téléphonique du 115

à franceinfo

Gaële et ses collègues ne gèrent pas seulement les appels des sans-abri confrontés au froid. De nombreux particuliers décrochent eux aussi leur téléphone, afin de signaler une personne en difficulté. "Le 30 décembre, on n'a pas pu trouver de solution pour un quart des personnes isolées et pour 20% des personnes en famille", explique Laura Charrier.

À Paris, l'hébergement d'urgence devait bénéficer cet hiver de 1 200 places supplémentaires. Mais les travaux s'éternisent. Il en manque près de la moitié. Laura Charrier espère pouvoir y diriger des sans-abri "d'ici fin janvier ou début février"... quand l'hiver sera déjà bien entamé.

Reportage de Benjamin Illy sur le plateau du 115 à Paris
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