Grève du 5 décembre : comment les syndicats vont-ils gérer la sécurité du cortège parisien ?

Quelque 6 000 gendarmes et policiers seront déployés jeudi à Paris pour encadrer la manifestation contre la réforme des retraites. Les organisations syndicales à l'origine de cette mobilisation ont, de leur côté, prévu de renforcer leurs dispositifs de sécurité. 

La manifestation du 1er-Mai, le 1er mai 2019 à Paris. 
La manifestation du 1er-Mai, le 1er mai 2019 à Paris.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Une "mobilisation forte", qui pourrait entraîner des "violences et dégradations" selon les autorités. Une importante manifestation s'élancera à partir de 13 heures de la gare du Nord à Paris, jeudi 5 décembre, pour rejoindre la place de la Nation, afin de dénoncer la réforme des retraites dans le cadre d'une journée de grève qui s'annonçe massive. 

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Face aux "risques" de débordements, pas moins de 6 000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour encadrer la manifestation parisienne. La préfecture a également annoncé la fermeture de l'ensemble des commerces longeant le parcours du cortège, évoquant un contexte social "des plus tendus""Nous connaissons les risques. Nous savons que des black blocs et des 'gilets jaunes' radicaux ont décidé de se joindre aux manifestations à Paris. Les gilets jaunes l'ont annoncé", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, sur BFMTV.

Comment les organisations syndicales ayant appelé à la mobilisation – la CGT, FO, FSU, Solidaires et plusieurs organisations lycéennes et étudiantes – vont-elles encadrer cette manifestation ? Trois d'entre elles, contactées par franceinfo, assurent que leurs dispositifs de sécurité seront "renforcés" pour l'occasion. 

Eviter un nouveau 1er-Mai

L'Union départementale de la CGT Paris garde encore à l'esprit la manifestation du 1er mai dernier, lors de laquelle le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, avait été brièvement exfiltré du cortège dans la capitale. "Il y a eu des échauffourées dans le carré de tête. Les forces de l'ordre sont intervenues et ont visé une camionnette de la CGT qui ouvre le cortège", avait assuré le syndicaliste, évoquant "des gaz lacrymogènes et une volonté délibérée d'affrontements". 

Pour cette nouvelle mobilisation, "nous avons un service d'ordre renforcé", explique auprès de franceinfo Benoît Martin, secrétaire général de l'Union départementale CGT Paris. "Nous craignons les ingrédients classiques des manifestations de ces dernières années et derniers mois, que l'on a vus lors du 1er-Mai ou de la mobilisation des 'gilets jaunes'", poursuit-il. Le syndicaliste assure ne pas craindre la venue de "gilets jaunes" radicaux dans le cortège, mais davantage le comportement de la police. "La police est agressive, ils sont plus agressifs que protecteurs", affirme-t-il. 

Le constat est partagé par Frédéric Bodin, membre du secrétariat national du syndicat Solidaires. Ce dernier assure ne pas s'inquiéter de la présence de casseurs, mais plutôt de "la réaction de la police". "On se dit que cela peut être un peu tendu, à l'image du 1er-Mai. Nos craintes, c'est que la police intervienne violemment, y compris contre le carré de tête syndical", s'inquiète-t-il. "Une ligne de sécurité intersyndicale en tête de cortège" protégera donc ce carré de tête, a précisé à l'AFP Jacques Borensztejn, secrétaire adjoint de l'Union départementale Force ouvrière de Paris. 

Davantage de bénévoles attendus

Solidaires prévoit aussi de "renforcer le nombre de bénévoles qui vont se charger de la sécurité" dans l'ensemble du cortège, développe Frédéric Bodin. Les personnes de Solidaires ayant cette mission seront une centaine, ajoute-t-il.

Comme à chaque cortège, il y aura du monde devant, sur les côtés et derrière. L'idée, c'est que la manifestation reste compacte pour ne pas être coupée par les forces de l'ordre.Frédéric Bodin, de Solidairesà franceinfo

En parallèle, le syndicat a "renforcé le nombre d'équipes premiers secours", ainsi que le pôle d'avocats disponibles en cas d'interpellations.

L'Union nationale des étudiants de France (Unef), autre organisation ayant appelé à manifester, a également prévu un service d'ordre. "Il y aura un cortège jeune unitaire, donc très certainement nous allons former un service d'ordre unitaire", explique le syndicat à franceinfo. 

De son côté, Force ouvrière aura des équipes plus fournies pour assurer la sécurité des manifestants. "Nous allons sécuriser nos cortèges avec un peu plus de gens volontaires car il y aura plus de manifestants" que lors des précédentes manifestations, estime auprès de franceinfo Jacques Borensztejn. "On nous annonce des risques de débordements. Oui, cela nous inquiète, mais pas plus que lors des précédentes manifestations. Ce sur quoi on travaille, c'est le fait que le nombre de manifestants sera plus important", indique le syndicaliste. Avant d'ajouter : "Notre principale préoccupation, c'est plutôt la reconduction de la grève."