La question philo du jour : la grève, une action "violente" et "troublante" ?

La grève êtes sur toutes les lèvres, mais les philosophes ont très peu été inspiré par la question. Géraldine Mosna-Savoye, productrice du "Journal sur la philo" sur France Culture, en parle sur le plateau de franceinfo.

La grève, un sujet récurrent en philosophie ? Pas vraiment, explique Géraldine Mosna-Savoye. "Si c'est un sujet récurrent pour nous la grève, c'est très peu discuté par les philosophes même politiques. Elle est peu présente dans la philosophie socialiste. Même un philosophe comme Proudhon était défavorable à la grève, car c'était une action violente menée par une coalition et qui troublait l'ordre établi, et en cela, elle est immorale, inefficace et illégitime selon lui", avance la productrice.

Grèves déjà dans l'Antiquité

Pourtant, la grève est utilisée dans l'Antiquité comme moyen de contestation. "L'Histoire regorge d'histoires de grèves. En Égypte, des ouvriers ont refusé de travailler sur la pyramide de Khéops à cause de leur salaire. A Rome, des esclaves menés par Spartacus se sont révoltés. Une pièce également, d'Aristophane, met en scène des femmes qui font la grève du sexe pour protester contre la guerre", rappelle Géraldine Mosna-Savoye, la productrice du "Journal sur la philo" sur Farnce Culture. Mais dit-elle, "C'est toujours perçu comme une atteinte à l'ordre, on entend souvent cette expression de 'prise en otage' et on voit qu'il touche le problème fondamental philosophique de la grève : comment le fait de cesser toute activité est une action ou une agression."

Un autocollant sur la vitre d\'un bus devant la manifestation contre la réforme des retraites, à Paris, le 10 décembre 2019. 
Un autocollant sur la vitre d'un bus devant la manifestation contre la réforme des retraites, à Paris, le 10 décembre 2019.  (MATHIAS ZWICK / HANS LUCAS / AFP)