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"Durcissement" du conflit social à Air France : la direction "joue avec nous de manière humiliante et irresponsable"

"Grève, communication, conférence de presse pédagogique, pause du mouvement", les syndicats ont tout tenté pour se faire entendre, affirme sur franceinfo François Hamant, un représentant du personnel naviguant technique d'Air France, alors qu'un durcissement du conflit a été annoncé.

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Radio France
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 (BENOIT TESSIER / MAXPPP)

"Air France joue avec nous de manière humiliante et irresponsable", a estimé jeudi 30 août sur franceinfo François Hamant, président du syndicat Alter, syndicat du personnel navigant technique d'Air France, alors que les syndicats de la compagnie aérienne ont alerté sur un "net durcissement du conflit" à venir, dû, selon eux, à l'attitude "irresponsable de la direction". Depuis le mois de février, syndicats et direction s'opposent sur la revendication d'une augmentation de 5,1% des salaires. Les syndicats ont mené plusieurs journées de grève au printemps. "C'est du mépris, c'est du mensonge, c'est de la manipulation. Il faut en cesser avec ça."

franceinfo : Qu'est-ce qui pourrait vous inciter à ne pas faire grève ?

François Hamant : Une réponse positive de la direction à nos revendications. La réponse négative des salariés à la consultation en avril sur le projet d'accord salarial, qui était très en deçà de l'offre que nous souhaitions défendre, ne lui a pas convenu. Il n'y a donc pas eu d'entente. Nous avons fait grève, le conflit dure depuis le 22 février. Ça monte depuis longtemps. Les indicateurs alarmants en termes de sentiment d'humiliation et de brutalité salariale sont connus depuis plusieurs années. Quand Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, s'est permis de juger qu'il fallait se mettre vite aux efforts, ça a été vécu comme une condescendance de plus, une brutalité, une éternelle non reconnaissance des efforts fournis. Aujourd'hui, nous sommes passés par la mobilisation sous forme de grève, de communication, de conférence de presse pédagogique, sous forme de bien des choses, y compris la pause, car ça fait quatre mois qu'il n'y a pas eu de conflit social. Air France joue avec nous de manière humiliante et irresponsable.

Quel est le calendrier pour sortir du conflit, selon vous ? Quelques jours, quelques semaines ?

Je pense que fin septembre, il faut que les choses soient réglées. Nous n'allons pas attendre un calendrier qui nous ouvre une perspective de négociations, ça suffit. On va poser une date qui va correspondre au moment où toutes les demandes devront avoir été réglées. Nous sommes prêts à discuter. Ce n'est lié en rien à l'arrivée de Benjamin Smith, [le nouveau directeur général du groupe Air France-KLM]. Ce n'est pas le problème.

Peut-être que ce nouveau dirigeant veut prendre le temps de s'installer pour discuter avec vous et voir ce qu'il veut faire ?

On nous explique que tous les directeurs avec qui nous avions commencé à négocier cet hiver sont toujours en place, payés, présents dans l'entreprise (...). On nous explique que les directeurs sont ouverts à tout sauf aux négociations salariales côté Air France. Dans le même temps, chez KLM, concernant les pilotes, les hôtesses et les stewards, il y a un conflit social autour de la rémunération. Celui-ci ne pose aucun problème, les négociations ont lieu. Elles sont conflictuelles, certes, mais on ne fait pas dire aux Hollandais qu'ils doivent attendre l'arrivée du patron de la holding Air France-KLM pour négocier au sein de KLM. (...) C'est du mépris, c'est du mensonge, c'est de la manipulation. Il faut cesser avec ça.

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