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SOS médecins rejoint la grève des blouses blanches

SOS Médecins participe à compter de lundi 8 heures jusqu'à mercredi au mouvement d'interruption d'activité des médecins libéraux lancé jusqu'au 31 décembre.

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SOS Médecins rejoint lundi 29 décembre 2014 le mouvement de grève du monde médical mais toutes ses structures sont réquisitionnées. ( ALAIN PISTORESI / NICE MATIN / MAXPPP)

L'association SOS Médecins rejoint lundi 29 décembre le mouvement de grève du monde médical mais toutes ses structures sont réquisitionnées pour faire face aux risques de pénurie et à l'afflux de patients aux urgences, indique dimanche son président. Francetv info fait le point sur la grève des blouses blanches.

> Grève des médecins : comment faire si je suis malade durant les fêtes ? 

Qui participe à ce mouvement ?

Plusieurs syndicats de médecins libéraux ont appelé à la fermeture des cabinets pendant les vacances de Noël, du 24 au 31 décembre. Les spécialistes ont rejoint mercredi le mouvement entamé la veille par les généralistes. Ils demandent, entre autres, que la consultation passe de 23 à 25 euros et protestent contre la généralisation du tiers payant.

Ils seront donc rejoints dans leur mouvement par SOS Médecins à compter de lundi 8 heures et jusqu'à mercredi.

Le mouvement est-il suivi ?

Le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français, qui regroupe généralistes et spécialistes) a évoque une grève "particulièrement suivie" avec plus de "80% de cabinets médicaux fermés".

Mais, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a appelé à "regarder avec précaution les chiffres avancés du nombre de grévistes", pour deux raisons : "Les médecins ne sont pas tenus de se déclarer et il y a des cabinets qui sont fermés de toute façon parce que c'est la période des fêtes."

Comment se faire soigner ?

Quel est l'impact de la grève pour les patients ? Les médecins de SOS Médecins à l'instar de leurs collègues généralistes seront réquisitionnés. Toutefois, selon les régions, il peut être difficile voire impossible de rentrer en contact avec un médecin et les services des urgences peuvent se retrouver engorgés. D'ores et déjà, les réquisitions des quelque 1 000 médecins de l'association SOS Médecins qui ne couvraient que des périodes de nuit (20 heures - 8 heures), ont été étendues, explique son président Dominique Ringard. "Les 64 structures sont réquisitionnées: certaines en journée et la nuit, d'autres que la nuit. A Sens dans l'Yonne, SOS Médecins a été réquisitionné du 23 décembre au 6 janvier", dit-il. 

"On est réquisitionné à tour de bras. Les urgences sont, malgré ce que dit la ministre Marisol Touraine, hyper débordées" comme "à Doullens [Somme] où elles ont doublé leur activité" et "sont en saturation" ou à Beauvais où le SAMU "a failli exploser samedi midi", alors que l'ensemble des services d'urgence de l'Oise étaient "au bord du gouffre""On croule sous les appels, par exemple à Amiens le lendemain de Noël on a eu 570 appels, on a vu 400 patients", assure le président de SOS Médecins. 

Le ministère de la Santé a assuré vendredi que "la continuité et la permanence des soins sont assurées en cette période de fêtes""A ce jour, aucune difficulté particulière dans la prise en charge des malades n'a été signalée sur l'ensemble du territoire. Les taux de fréquentation des services d'accueil des urgences sont stables par rapport à ce qui a été observé pendant la même période les précédentes années", a assuré le ministère.

Que réclament les médecins ?

Outre la revalorisation à 25 euros des consultations pour les généralistes, les libéraux demandent la réécriture, voire le retrait pur et simple, du projet de loi santé porté par la ministre Marisol Touraine. Depuis plusieurs semaines, les appels à la grève se multiplient, syndicats de pédiatres, cardiologues ou encore radiologues se sont engouffrés dans la brèche, avec parfois des revendications propres. Les pédiatres, par exemple, s'inquiètent d'être la spécialité "la moins bien rémunérée". 
 
Tous dénoncent la généralisation du tiers payant d'ici à 2017. Cette mesure est, selon eux, difficile à mettre en œuvre et elle pourrait entraîner des retards de paiement. Egalement dans leur ligne de mire, le pouvoir accru des agences régionales de santé (ARS), chargées d'assurer la politique sanitaire nationale sur les territoires, synonyme selon eux d'"étatisation" de la santé.

Après le 31 décembre, quelles suites au mouvement ?

"Cette grève normalement s'arrête le 31 décembre. Mais on sait que ça va durer, on sait que ça va être obligé de durer. On est en face d'un ministère qui est particulièrement sourd", a déclaré le président de la Fédération des médecins de France (FMF) Jean-Paul Hamon. Le gouvernement "prétend vouloir renégocier", mais lors des négociations qui se sont déroulées "la semaine dernière, on nous a ressorti le même texte qu'au mois de juillet, sans modification d'une virgule", a-t-il dénoncé.

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