Grève aux urgences : les médecins réclament à leur tour des primes

Parti de Paris mi-mars, le mouvement de grève dans les urgences touche à présent 217 hôpitaux, selon le collectif de soignants Inter-Urgences.

Un manifestant urgentiste en grève, à Paris, le 11 juin 2019.
Un manifestant urgentiste en grève, à Paris, le 11 juin 2019. (MATHIAS ZWICK / HANS LUCAS)

La grève aux urgences se poursuit. L'association des médecins urgentistes de France (Amuf) a demandé, vendredi 9 août, une hausse de l'indemnité de garde et le versement "systématique" d'une autre prime "d'activité multisites" afin de "stopper la fuite" des praticiens vers l'intérim, où ils sont mieux payés.

Cette revendication intervient dans un contexte national de grève des services d'urgences. Parti de Paris mi-mars, le mouvement touche à présent 217 hôpitaux, selon le collectif de soignants Inter-Urgences. La mobilisation a conduit la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à revaloriser la prime de risque des infirmières et des aides-soignantes, passée à 100 euros net en juillet, en réponse à leurs conditions de travail dégradées (sous-effectifs, agressions...).

"Rythme infernal de travail"

Mais pour les médecins aussi, "la situation est devenue aujourd'hui catastrophique", affirme l'Amuf dans un communiqué. Elle ajoute que "de nombreux collègues démissionnent pour partir dans le privé (...) ou encore diminuent leur temps de travail pour échapper au rythme infernal de travail".

L'association propose deux "mesures immédiates" pour "aligner" leurs rémunérations "sur le montant moyen en intérim". D'une part, le passage "d'environ 265 euros à environ 480 euros" de l'indemnité pour les gardes effectuées en heures supplémentaires.

D'autre part, "l'octroi systématique" de la prime "d'un peu plus de 400 euros" actuellement versée aux praticiens hospitaliers exerçant dans plusieurs établissements. Si elle n'obtient pas satisfaction, l'Amuf se dit prête à "utiliser tous les moyens d'action, y compris la grève dans les plus brefs délais".