Après Free, Orange coupe le signal de BFMTV, faute d'accord avec le propriétaire de la chaîne

Après Free, c'est au tour d'Orange, jeudi, de ne plus diffuser BFMTV, RMC Story et RMC Découverte sur ses Livebox, faute d'accord avec le groupe Altice, propriétaire des trois chaînes. 

Orange met en garde ses abonnés sur une possible disparition des chaînes d\'Altice BFMTV, RMC et RMC Story via un message sur ses box, le 4 septembre 2019.
Orange met en garde ses abonnés sur une possible disparition des chaînes d'Altice BFMTV, RMC et RMC Story via un message sur ses box, le 4 septembre 2019. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / AFP)

Orange a cessé de diffuser BFMTV, RMC Story et RMC Découverte depuis jeudi 5 septembre à 9 heures du matin, faute d'accord avec Altice, propriétaire des trois chaînes, selon un porte-parole d'Orange. L'opérateur n'a pas trouvé d'accord avec Altice mais se dit "confiant dans une reprise des discussions" et indique que le groupe ne "transigera pas sur les principes qui font l'équilibre entre opérateurs et diffuseurs". 

Les abonnés Orange pourront continuer à regarder les chaînes en branchant leur box sur l'antenne de la TNT et via les applications sur Internet, également disponibles via une AppleTV. 

>> Tout comprendre à la bataille entre Free, Orange et BFMTV

Un conflit qui dure depuis plusieurs mois 

Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, avait prévenu fin août qu'il refuserait de rémunérer Altice pour diffuser les chaînes gratuites du groupe. Il avait précisé que la renégociation du contrat de diffusion entre Orange et Altice, qui devait initialement s'engager en septembre, avait été repoussée, ajoutant qu'il n'excluait pas de devoir couper également la diffusion des chaînes du groupe de Patrick Drahi en cas de désaccord.

Depuis plusieurs mois, le groupe Altice demande aux opérateurs télécoms de le rémunérer pour les reprendre sur leurs box. Pour Alain Weill, PDG d'Altice France et fondateur de BFMTV, la question de fond est celle du financement des chaînes de télévision classiques, bousculé par les nouveaux modes de consommation et en premier lieu l'arrivée des plateformes de streaming de type Netflix ou Amazon Prime.

Les opérateurs téléphoniques estiment, pour leur part, qu'il n'y a pas de raison de payer pour des chaînes gratuites et pour lesquelles les groupes télévisuels ne payent pas l'usage des fréquences, à la différence des opérateurs télécoms pour le mobile. "Nous considérons qu'il y a un équilibre entre les éditeurs de chaînes et les opérateurs que nous sommes : en transportant gratuitement les chaînes, nous leur assurions une audience, sans demander de rémunération en retour", a ainsi expliqué Stéphane Richard.