Une "solution alternative" pour sauver Petroplus ?

Le PDG du raffineur suisse assure que des "discussions sont en cours", alors que le site de Petit-Couronne (Seine-Maritime) doit fermer temporairement. 

Les salariés de Petroplus se regroupent devant la raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime), le 2 janvier 2012.
Les salariés de Petroplus se regroupent devant la raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime), le 2 janvier 2012. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Une "solution alternative" pour Petroplus ? C'est ce que le PDG du groupe suisse dit chercher jeudi 5 janvier auprès d'entreprises pouvant fournir "le produit et les lignes de crédit", alors que Petroplus doit fermer temporairement trois sites de raffinage, dont celui de Petit-Couronne (Seine-Maritime).

"Cette solution réside pour une large part dans une entreprise qui pourrait nous apporter à la fois le produit (le pétrole brut) mais aussi les lignes de crédit en substitution", a expliqué Jean-Paul Vettier à sa sortie d'un entretien avec les services du Premier ministre, à Matignon. "Des discussions sont en cours", a-t-il ajouté.

Quelle est la situation de Petroplus ?

Le groupe Petroplus a annoncé mardi 27 décembre le gel par ses banques d'une ligne de crédit d'environ un milliard de dollars. Une somme pourtant jugée indispensable au fonctionnement de ses cinq raffineries européennes. 

L'action du groupe a immédiatement chuté et les raffineries pourraient être rapidement à court de pétrole brut. Certains de ses fournisseurs ont déjà interrompu les livraisons de peur de ne pas être payé. Plus tôt dans le mois, le groupe avait déjà annoncé de graves problèmes financiers, en raison notamment de la crise de la dette.

Petroplus est propriétaire de cinq raffineries en Europe, dont celle de Petit-Couronne (Seine-Maritime). La panne de financement du groupe vient s'ajouter à des perspectives sombres pour le site français. Il est déjà affecté par une restructuration annoncée en novembre, qui risque de se traduire par l'arrêt d'une de ses activités et la suppression de 120 emplois sur 550.

Pourquoi y a-t-il un enjeu politique ?

Face à la situation, les syndicats français de la raffinerie de Petit-Couronne ont appelé le gouvernement à faire pression sur les banques pour renflouer le groupe. Problème : seules trois banques françaises font partie de la quinzaine d'établissements destinés à aider Petroplus. 

Le 29 décembre, le gouvernement a assuré faire "tous ses efforts pour aider Petroplus dans ses négociations bancaires, qui sont des négociations complexes incluant plusieurs banques internationales".  La même semaine, la ministre de l'Ecologie et des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet a indiqué que l'Etat français allait s'assurer que Petroplus dispose toujours des "capacités techniques et financières" pour exploiter la raffinerie de Petit-Couronne.

En visite le jeudi 5 janvier dans cette raffinerie, le socialiste François Hollande a appellé l'Etat à prendre ses "responsabilités". "Où est l'Etat, où est le gouvernement, où est le président de la République", s'est interrogé le candidat PS à la présidentielle. Il a demandé que l'Etat se mette en situation de "rechercher" un repreneur si Petroplus devait être défaillant.