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Total délocalise-t-il à Londres pour payer moins d’impôts ?

Le géant français du pétrole va transférer la gestion de sa trésorerie et sa communication financière, soit 70 personnes, à la fin de l'année.

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France Télévisions
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Le groupe français Total a annoncé qu'il allait délocaliser certains de ses services à Londres (Royaume-Uni), le 5 août 2013. (ERIC PIERMONT / AFP)

Total va délocaliser. Le géant français du pétrole a confirmé, lundi 5 août, sa décision de transférer, à la fin de l'année, la gestion de sa trésorerie et de sa communication financière à Londres (Royaume-Uni). Le groupe minimise toutefois l'ampleur de cette délocalisation, puisqu’elle concerne "entre 60 et 70 personnes, maximum 70 personnes, sur un groupe de 100 000", a tempéré un porte-parole de la compagnie. Si la délocalisation est limitée en nombre de personnes, elle est très importante en terme de symbole, puisque la trésorerie d’un groupe constitue un service essentiel pour une entreprise.

"L'idée, c'est de se rapprocher de Londres, qui est la place financière et pétrolière en Europe, pour permettre au groupe d'améliorer sa visibilité internationale", a justifié le porte-parole. Cependant, le site Mediapart croit savoir que le groupe pétrolier chercherait à diminuer le montant de ses impôts.

La fiscalité avantageuse du Royaume-Uni

Selon les informations de Mediapart, Total aurait "cherché à négocier certains avantages fiscaux avec le gouvernement britannique". Outre-Manche, le taux maximal moyen d’imposition sur les sociétés s’élève à 23% selon la Commission européenne, contre 36,1% en France.

Les patrons français avaient grogné lors de l’annonce par François Hollande d’une taxe à 75% sur les hauts revenus, au cours de la campagne présidentielle. L'Association française des entreprises privées (Afep), qui compte dans ses rangs le PDG de Total, Christophe de Margerie, avait estimé "que la mesure ne pouvait conduire qu'à la délocalisation des sièges et de toutes les structures opérationnellesles groupes ne gardant à Paris qu'une présence symbolique", rappelle Mediapart.

Le groupe affirme qu'il va payer ses impôts en France

"Ce n'est absolument pas un déplacement fiscal ou financier pour le groupe, c'est juste une logique d'image et de proximité avec les investisseurs, qui sont très majoritairement basés à Londres", a fait valoir le porte-parole du groupe. Total a assuré qu'il continuerait à payer ses impôts en France. L'idée, pour lui, serait donc de se rapprocher de la capitale financière et pétrolière européenne pour améliorer sa visibilité boursière à l’international et ses services financiers. Une justification en forme de désaveu pour le service bancaire français, soulève Mediapart.

Total a par ailleurs versé 1,2 milliard d'euros au fisc français en 2012, a souligné son porte-parole. Un montant assez mesuré, selon Mediapart. Le groupe du CAC 40 avait abandonné en 2011 une "niche fiscale" (sur le bénéfice mondial consolidé), selon Le Monde, pour améliorer son image. Mais la compagnie n’a pas payé d’impôt sur les sociétés pendant de nombreuses années en France.

Christophe de Margerie avait assuré devant le Sénat, en mai 2012, que son groupe n’utilisait "aucun paradis fiscal ou trust (…) pour payer moins d'impôts", comme le mentionne Challenges. Le dirigeant avait reconnu que 48 filiales de Total étaient présentes dans certains paradis fiscaux, mais essentiellement pour des activités économiques, industrielles ou commerciales. 

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