Vidéo Crise liée au Covid-19 : Maurice Lévy appelle à "ne pas mettre les investisseurs au pain sec"

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"Il est absolument indispensable qu'il y ait un bon équilibre, il faut donner envie aux investisseurs d'investir, de soutenir l'entreprise", estime le président du conseil de surveillance de Publicis Groupe sur franceinfo.

Il ne faut "pas de distributions massives" de dividendes aux actionnaires "mais pas non plus mettre les investisseurs au pain sec", a affirmé mercredi 17 février sur franceinfo Maurice Lévy, président du conseil de surveillance de Publicis Groupe. En pleine crise liée à l'épidémie de Covid-19, son groupe a décidé de diviser par deux le versement des dividendes.

"Le problème des dividendes est très compliqué, parce que ce qui est à la clé, c'est non seulement la rémunération des actionnaires, mais aussi le soutien du cours", détaille Maurice Lévy. "Lorsqu'une entreprise ne rémunère pas assez bien ses actionnaires, elle peut être dépréciée en bourse et devenir un objet de convoitise. Donc il est absolument indispensable qu'il y ait un bon équilibre, il faut donner envie aux investisseurs d'investir, de soutenir l'entreprise", estime l'homme d'affaires. Il rappelle que la majorité du capital des entreprises du CAC est "détenue par des fonds anglo-saxons."

Il faut donc les rémunérer si on ne veut pas être déprécié et devenir l'objet de convoitises.

Maurice Lévy

à franceinfo

Son groupe, Publicis qu'il a dirigé en tant que PDG avant de prendre la présidence du conseil de surveillance, a réduit de moitié le versement des dividendes. "Ça n'a pas été apprécié, les investisseurs nous l'ont reproché", raconte Maurice Lévy. "Nous l'avons fait, mais nous avons quand même fait un geste, ne pas donner du tout de dividendes me paraît excessif." Son groupe "se porte plutôt bien", précise-t-il, avec "un exercice 2020 qui a été tout à fait satisfaisant, parmi les meilleurs du secteur", et il pense que pour l'année 2021 "ce n'est pas trop mal parti".

Les patrons "sont très responsables"

Interrogé sur la baisse de sa rémunération annuelle de 30% l'année dernière, Maurice Lévy ignore s'il le refera cette année. Il estime ne pas avoir de leçon à donner aux autres chefs d'entreprise. "Beaucoup de patrons n'ont pas attendu pour ajuster ou abandonner une partie de leur rémunération. Je crois que les patrons, dans l'ensemble, sont très responsables", affirme le publicitaire. Il estime qu'en termes de rémunérations et de prises de décision, "il y a une prise de responsabilité qui est beaucoup plus grande" en France "que dans le reste du monde occidental. Les entreprises françaises sont très loin d'être conduites de manière brutale, à l'américaine. Il y a toujours un équilibre entre la responsabilité vis-à-vis du marché et celle vis-à-vis des autres parties prenantes."

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