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Contre les trains saturés, la SNCF prône les horaires décalés

La SNCF veut proposer aux entreprises de retarder leurs horaires du matin, pour mieux répartir le trafic des usagers d'Ile-de-France. 

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Avec AFP - franceinfo avec AFP
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Des passagers descendent d'un train Transilien, le 9 février 2010 à la gare du Nord, à Paris. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Le visage plaqué contre la vitre, avec la chaude haleine du voisin dans les cheveux. Cette situation, beaucoup de Franciliens la vivent tous les jours, avant ou après le travail. Les taux de charge des trains atteignent 150 à 200% pendant les périodes dites d'"hyper pointe", de 7 h 30 à 9 heures et de 17 heures à 18 h 30. Mais seulement 40% en moyenne le reste de la journée.

La SNCF Transilien a donc lancé une idée originale, révélée par l'AFP et Le Parisien, jeudi 28 mars. Le transporteur va demander à certaines entreprises de décaler le début de la journée pour étaler le trafic matinal. Francetv info revient sur cette proposition, ses atouts et ses points faibles. 

Quel est le principe ? 

"Nous suggérons aux entreprises d'adapter leurs heures d'embauche pour que leurs salariés puissent éviter les trains les plus chargés", explique Bénédicte Tilloy, patronne de la SNCF Transilien. "Il suffirait qu'une petite partie des voyageurs décale leur voyage de 15 à 30 minutes pour que la qualité de service s'améliore sensiblement." L'idée a été lancée il y a une dizaine de jours, lors d'une réunion publique, précise Le Parisien

Cette idée a déjà été testée à Rennes (Ille-et-Vilaine), où l'exploitant Rennes Métropole a signé un accord avec l'université Rennes 2, signale le quotidien. Les cours des étudiants inscrits en première et deuxième année ont été décalés de quinze minutes. Résultat : 8 300 usagers lors du pic du trafic. 

Comment réagissent les entreprises ? 

Reste à convaincre les entreprises elles-mêmes. "C'est du gagnant-gagnant pour tout le monde si on arrive à désaturer des trains aux grandes heures de pointe", soutient Bénédicte Tilloy. Pour convaincre ses interlocuteurs, la SNCF pourrait consentir à une réduction de ses tarifs pour les entreprises qui accepteraient de jouer le jeu.

Jérôme Dubus, délégué général du Medef en Ile-de-France, est bien conscient du problème. "Il ne se passe pas un matin sans qu'une société nous appelle, au Medef, pour se plaindre que la saturation des trains met les salariés en retard". Mais il n'est pas tout à fait convaincu par l'idée de la SNCF. "L'industrie, qui fonctionne en trois huit, pourra difficilement assouplir son fonctionnement. Ce sera plus facile dans le secteur tertiaire."

D'autres sociétés sont plus enthousiastes. Sophie Marain est secrétaire générale du Groupe Afnor, qui compte 900 salariés, et dont le siège est à La Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). "Toute proposition qui peut aider à la régularité et faciliter une bonne desserte de nos salariés ainsi que nos clients est bonne à prendre." Mais certains horaires restent inflexibles, comme ceux auxquels les parents doivent déposer leurs enfants à l'école. La mesure proposée par la SNCF ne pourra donc pas être généralisée à tous les salariés.

Où en sont les discussions ?

L'idée a séduit le Syndicat des transports en Ile-de-France (Stif), qui organise du 15 avril au 18 mai une enquête publique sur le problème des déplacements dans la région. Pour l'heure, il s'agit simplement de lancer le débat, selon la direction du Transilien. Celle-ci doit rencontrer les représentants parisiens du patronat, la semaine prochaine, précise Le Parisien. Et la SNCF va montrer l'exemple en testant elle-même les horaires décalés, après le déménagement de son siège en septembre. 

Les entreprises, elles, tentent de contourner le problème des retards. Les ressources humaines expérimentent d'autres pistes de réflexion comme le télétravail ou le covoiturage.

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