Les sièges des distributeurs Casino et Intermarché perquisitionnés par les services de la Commission européenne

Les autorités se penchent sur les pratiques de la centrale d'achat commune aux deux groupes, mise en place en 2014 et dissoute l'été dernier.

Un supermarché Casino à Bagneux (Hauts-de-Seine), le 1er octobre 2018.
Un supermarché Casino à Bagneux (Hauts-de-Seine), le 1er octobre 2018. (MAXPPP)

Les distributeurs Casino et Intermarché ont reçu une visite-saisie d'officiers de la police judiciaire et de membres des services de la Commission européenne, écrit Le Figaro, mardi 21 mai. Ces perquisitions ont eu lieu dans le cadre d'une enquête sur les pratiques d'Incaa, une centrale d'achat commune entre les deux groupes mise en place de 2014 et dissoute à l'été dernier. Les opérations ont été menées aux sièges de Casino à Paris et Saint-Etienne et au siège du groupement des Mousquetaires à Bondoufle (Essonne), poursuit le quotidien. L'enseigne Casino a confirmé cette visite-saisie auprès de l'AFP.

La Commission européenne a confirmé mercredi "des inspections inopinées dans les locaux de sociétés actives dans le secteur de l'alimentation au détail en France", mais sans citer les entreprises concernées. Elle "craint que deux épiceries de détail n'aient violé les règles antitrust de l'UE qui interdisent les ententes et les pratiques commerciales restrictives", explique-t-elle dans un communiqué.

Faire baisser les prix auprès des fournisseurs

La Commission européenne se penche plus précisément sur les pratiques de la centrale d'achat "dans les négociations tarifaires avec les représentants des géants industriels de l'agroalimentaire et de la grande consommation" en 2016 et 2017, écrit Le Figaro. Ces alliances avaient pour but de faire baisser les prix auprès des fournisseurs dans un contexte d'extrême concurrence entre les distributeurs. Le quotidien cite d'autres exemples de rapprochements, entre Auchan et Système U ou encore Carrefour et Cora, qui s'étaient ensuite recomposés différemment au gré des opportunités.

"Le fait que la Commission effectue de telles inspections ne signifie pas que les entreprises sont coupables de comportement anticoncurrentiel, ni qu'elle préjuge du résultat de l'enquête elle-même", insiste la Commission européenne dans son communiqué.

La Commission de la concurrence avait déjà lancé une enquête en 2017 sur les pratiques d'Incaa, signalent Le Figaro et Les Echos, et des documents avaient été saisis dans les deux entreprises. Aucune sanction n'avait toutefois été prononcée.