Les salariés de Doux devront attendre octobre pour être fixés

PLEUCADEUC - Le tribunal de Quimper a prolongé la période d'observation du groupe jusqu'au 9 octobre. Le pôle frais, lui, est mis en liquidation judiciaire.

Des salariés de Doux défilent devant un site du groupe, le 17 juillet 2012 à Châteaulin (Finistère).
Des salariés de Doux défilent devant un site du groupe, le 17 juillet 2012 à Châteaulin (Finistère). (FRED TANNEAU / AFP)

Le tribunal de commerce de Quimper (Finistère) a choisi de se donner du temps au sujet de Doux. Il a décidé, mercredi 1er août, de maintenir la période d'observation du groupe volailler, hors pôle frais, jusqu'au 9 octobre. FTVi récapitule les enjeux de cette décision.

Qu'a décidé le tribunal ?

Le géant breton de la volaille industrielle, endetté à hauteur de 430 millions d'euros, a été placé en redressement judiciaire le 1er juin dernier. Depuis, une quinzaine d'offres de reprise sont parvenues jusqu'au bureau des administrateurs judiciaires, et deux d'entre elles faisaient figure de favorites : une offre d'un consortium mené par Sofiprotéol, dirigé par Xavier Beulin, le président de la FNSEA, principal syndicat agricole, et un plan de continuation de l'actuel PDG Charles Doux, qui serait suivi d'un plan global de relance du groupe.

Alors que l'on pouvait s'attendre à ce que le tribunal tranche entre ces deux offres, il a décidé de prolonger la période d'observation. Cela devrait permettre à Charles Doux de finaliser son plan de relance. 

Celui-ci prévoit que la banque britannique Barclays devienne majoritaire dans le capital du groupe, jusqu'à présent détenu à 80% par la famille Doux, l'autre actionnaire, BNP Paribas, en détenant 20%. Barclays récupérerait ainsi une créance de 140 millions d'euros.

Que va-t-il advenir du pôle frais ?

L'activité de ce pôle, mis en liquidation par le tribunal de commerce, est prolongée pendant un mois. Il emploie actuellement 1 856 personnes. Les offres de reprise peuvent être déposées jusqu'au 10 août.

Pourquoi est-ce important ?

Parce que quoi que décide le tribunal, des licenciements massifs sont à prévoir. Si le scénario du consortium mené par Sofiprotéol est retenu, 1 117 des 4 195 salariés du groupe seront laissés sur le carreau. Si le tribunal choisit l'offre de relance de Charles Doux, 1 010 employés seront remerciés.

Ces départs ne prennent pas en compte les incidences sur le reste de la filière : quelque 800 éleveurs dans plusieurs régions de France sont en contrat avec Doux, et environ 2 000 personnes sont employées par des sociétés de transport travaillant avec le volailler. De très nombreux fournisseurs et sous-traitants dépendent également de la survie du groupe.