Les défaillances d'entreprise s'approchent des records de 2009

Les redressements et liquidations judiciaires ont progressé de 7,5% au troisième trimestre de 2013 par rapport à la même période de 2012.

L\'entreprise Steco Power, spécialisée dans les batteries automobiles, localisée à Outarville (Loiret), a fermé ses portes en juin 2013. Les employés ont occupé leur site pour protester, comme ici le 19 juin 2013.
L'entreprise Steco Power, spécialisée dans les batteries automobiles, localisée à Outarville (Loiret), a fermé ses portes en juin 2013. Les employés ont occupé leur site pour protester, comme ici le 19 juin 2013. (ALAIN JOCARD / AFP)

Le chiffre ne va pas dans le sens de l'optimisme affiché par le gouvernement. Le nombre de défaillances d'entreprise (redressements et liquidations judiciaires) a progressé de 7,5% au troisième trimestre en France par rapport à la même période de 2012, annonce la société Altares, spécialisée dans l'information sur les entreprises, mardi 15 octobre. Un total de 12 790 entreprises ont déposé leur bilan sur la période, soit un niveau comparable à celui de l'été 2009, au plus fort de la crise.

Après un léger recul au premier trimestre, cette annonce s'inscrit dans la continuité des chiffres du deuxième trimestre (+ 9,4%). L'explication se trouve avant tout dans un mois de juillet "très lourd", indique Altares. "La légère amélioration observée en août et la stabilisation sur septembre n'ont pas permis d'inverser la tendance." Plus de 5 400 entreprises ont déposé le bilan en juillet, soit 42% du total sur cette période.

Des entreprises de moins de dix salariés

Altares note que l'agriculture est sévèrement touchée par les défaillances notamment dans l'élevage (+ 63%) et les cultures (+ 29%). Et comme pour les mois précédents, ce sont les métiers orientés vers les particuliers qui ont été les plus fragilisés, en raison de la panne de la consommation. Les défaillances ont ainsi augmenté de 20% dans les services aux particuliers. 

Les défaillances de l'été concernent surtout les entreprises de moins de dix salariés, avec plus de 90% du total. Mais 112 PME d'au moins 50 salariés ont aussi été touchées, soit le chiffre le plus élevé depuis 2009 et ses 151 PME concernées.

Les difficultés de l'industrie

Le nombre d'emplois directs menacés par une procédure collective a approché 53 000 (+ 5% sur un an), même si près de 6 000 emplois ont été préservés par rapport à la même période de 2009.

En 2009, la crise avait lourdement frappé l'industrie manufacturière, qui avait perdu 900 sociétés cet été-là, contre 650 en 2013. Mais comme l'expliquait début octobre Les Echos, avec 191 fermetures de sites industriels sur 2013, la désindustrialisation poursuit son chemin en France, à l'image de l'annonce de restructuration du groupe Alcatel-Lucent.