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La Poste recrute 5 000 salariés de plus, de "la poudre aux yeux" selon les syndicats

Cette mesure doit permettre d'alléger la pression sur les effectifs. Elle fait suite à un rapport sur les conditions de travail commandé après deux suicides.

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France Télévisions
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La Poste a annoncé, le 13 septembre 2012, un vaste plan de recrutement, après le suicide de deux salariés. (FRED TANNEAU / AFP)

ENTREPRISES - La mesure est annoncée au lendemain de la publication d'un rapport préconisant un vaste plan de recrutement après un double suicide à La Poste. La direction du groupe a annoncé, jeudi 13 septembre, un "allègement de la pression sur les effectifs" via 5 000 recrutements supplémentaires d'ici 2014. FTVi vous détaille les modalités de ces embauches et la réaction des syndicats.

Des jeunes embauchés en CDI

Dans un communiqué, l'entreprise publique annonce la "mise en œuvre de l'ensemble des préconisations du rapport [Jean] Kaspar", du nom de l'ancien secrétaire général de la CFDT qui l'a rédigé, et prévoit de recruter "15 000 personnes sur la période 2012-2014 au lieu des 10 000 initialement prévus". Selon la direction du groupe, qui emploie quelque 240 000 personnes, l'ensemble de ces embauches se feront en contrat à durée indéterminée (CDI).

Parmi les recrutements, 5 000 concerneront des jeunes. La Poste précise qu'elle entend recruter, "dès 2012, 1 000 jeunes supplémentaires et 2 000 pour chacune des années 2013 et 2014, en privilégiant l'alternance".

De la "poudre aux yeux" selon les syndicats

Les départs naturels, estimés de 8 000 à 10 000 par an, selon la direction, ne seront pas compensés par ces embauches, qui reviennent à remplacer environ un départ sur deux. Pour les deux premiers syndicats du groupe, la CGT et SUD, ces annonces sont loin de répondre aux attentes des postiers, qui ont vu les effectifs diminuer fortement ces dernières années.

"On est en train de passer de l'exaspération à la colère", a réagi Bernard Dupin (CGT) auprès de l'AFP. "C'est de nouveau de la poudre aux yeux!", a renchéri Régis Blanchot (SUD), relevant que "la commission Kaspar avait été mise en place parce qu'il y avait un tel mal-être à La Poste qu'il s'est traduit par des actes irréversibles". Il a jugé la réponse "à mille lieux des attentes et des besoins des postiers".

Les syndicats doivent se retrouver lundi pour décider de la suite à donner à ces annonces. Selon Régis Blanchot, "un mouvement de grève est nécessaire".

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